L’Algérie, terre multiple

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Le discours prononcé récemment par le président de la République a remis les pendules à l’heure : en faisant d’Alger la capitale de la culture arabe, l’Algérie ne renie pas sa dimension berbère, africaine ou méditerranéenne.

Parce que l’Algérie est le produit d’une histoire à la fois riche et complexe, qui l’a marquée de son empreinte. Son socle est indéniablement berbère, depuis la préhistoire, puis se sont ajoutés des apports multiples, dont le plus important est celui de la langue arabe Se revendiquer de la culture arabe ne signifie nullement qu’on est arabe mais qu’on partage, avec les pays de langue arabe.

Des Berbères eux-mêmes ont érit en arabe et ont produit dans cette langue des monuments immortels : tel est le cas de Ibn Rachid, de Msila, fondateur de la critique littéraire de langue arabe ou d’un Ibn Batouta, de Tanger, ancêtre des globe-trotters. En Kabylie même, on cite l’exemple d’un Al Wartilani qui, au 18e siècle, se déclarait fièrement kabyle.

Il ne vient à personne de renier de telles gloires de notre patrimoine, comme il ne vient pas de renier Saint-Augustin, le chrétien et le Berbère qui écrivait en latin, ou Apulée, le païen, fier de ses origines libyques ! L’Algérie peut se vanter de posséder l’un des plus riches patrimoines culturels du monde. Il nous appartient de le sauvegarder et de le diffuser, non seulement en Algérie mais aussi dans le monde. Il a fallu le colloque international de 2001 pour que l’on découvre que Saint-Augustin était Algérien. Il faut multiplier les occasions de diffuser notre culture. C’est le devoir de l’Etat mais aussi des citoyens, producteurs et consommateurs de la culture.

S. Aït Larba

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