La culture ressuscitée

Les activités culturelles semblent reprendre du terrain, comme au bon vieux temps. Les habitants de la commune d’Akfadou, située dans la vallée de la Soummam, espèrent retrouver le bonheur d’autrefois grâce l’association socio-culturelle et sportive d’Aourir Ath Usyen vient d’organiser une semaine culturelle. Une initiative louable. Après la cérémonie d’ouverture où nombre de personnes ont eu à déguster quelques plats traditionnels, les activités débutèrent. Par une exposition d’objets anciens, de monnaies, de sculpture suivie d’une chronologie des événements de Kabylie et ce durant toute la semaine. Les exposants sont venus même des communes limitrophes à l’instar de Tibane.

Ce qui a peut-être fait plaisir au public : constituée surtout de jeunes et de moins jeunes, c’est le monologue présenté par le talentueux Zahir Mesbah, né en 1979 à El Kseur. Le superbe spectacle intitule : Les points noirs. Mi Fellag, mi Mohand u Yahia le jeune Mesbah finit par les envoûter avec ses mimiques et ses messages qui vont du social au politique en passant par les inévitables histoires d’amour.

L’artiste a aussi rendu un vibrant hommage au grand barde de tout les temps : Matoub Lounès. L’assistance a eu le plaisir de communiquer et de chanter avec Zahir. Cet acte nous rappelle les fameuses pièces théâtrales du regretté Mohya.

La musique a été au rendez-vous. Les chansons rythmées comme Djen Djen, le tube de l’été dernier, a fait danser les grands et les petits. A la veille de Yennayer, les jeunes ont allumé des dizaines de bougies et de véritables feux d’artifices se sont mélés aux étoiles de minuit. Des gestes inédits dans la petite bourgade des Ath Mensour. Ainsi, le Nouvel An berbère 2957 n’est pas passé inaperçu au moment où les coutumes ancestrales tendent à s’effriter. Le vendredi, premier jour de l’année amazigh, l’association a organisé des conférences-débats portant sur plusieurs thèmes : « Yennayer, Tamazight, Si L’bachir Amellah. . « . Pour enrichir cet échange culturel, des personnes de renommée, tel Zahir Meksem, enseignant au département de tamazight de l’université de Béjaïa, ont pris la parole. C’est une opportunité de faire propager bien d’idées casées aux oubliettes.

Le dernier jour, les organisateurs ont terminé en beauté leurs activités avec la projection des deux vidéos : Taous Amrouche, Chants berbères et un film intitulé : Bleu blanc rouge. Pour Laâziz Ghouar, président de l’Association Aourir Ath Hsyen, « c’est une grande réussite d’organiser moult activités en si peu de temps. Cette semaine culturelle va nous motiver pour aller de l’avant et réaliser d’autres activités plus grandioses. Nous tenons surtout à remercier tous ceux qui ont collaboré avec nous de près ou de loin ». Notons enfin que la vie culturelle dans la région a été ressuscitée grâce à la volonté de plusieurs jeunes d’une autre association activant aussi dans cette belle bourgade : « Idles Akfadou » que préside l’écrivain Rabah Hamoumat.

Yasmine Cherifi