Une enseignante sur le grill

l On ne le dira jamais assez : l’enseignant a le blason honteux, lui qui sait qu’il est nettement plus valorisant d’être un esclave en col blanc ou vendeur de menu fretin qu’éveilleur de consciences. Des éducateurs qui ont intégré cette fonction depuis des lustres vivent une pitoyable descente aux enfers. Ils sont écartelés entre la « malvie » professionnelle et la précarité sociale.

Le cas de K. H., PES de son état, à l’image de tous les contractuels illustre de manière on ne peut plus irréfragable cette situation kafkaienne à laquelle sont confrontés ces fonctionnaires : pas de confirmation, pas de rémunération ! Et vogue la galère… La pérennité de K. H. est tout à fait aléatoire après s’être vu signifier son échec à l’examen des PES. Un échec qu’elle conteste de toutes ses fibres suite à son triomphe à l’écrit. Elle a figuré, nous assurait-elle, parmi la poignée de candidats qui trustaient les premières places.

Les examens de recrutement d’enseignants, faut-il le souligner, ont régulièrement soulevé des vagues de colère et d’indignation parmi les recalés qui, sans doute pour avoir toujours riposté en tirailleurs, n’ont jamais pu obtenir gain de cause !

Par ailleurs, K. H., qui exerce depuis 2003 dans des lycées d’Akbou, n’a pas perçu un sou vaillant ! Ses cris de détresses, dont le dernier en date remonte au 4 décembre 2006, ont tous buté sur le silence-radio de la tutelle. Le sentiment d’être bernée par les promesses fumeuses de régularisation, maintes fois réitérées, est décliné sur tous les tons. On mesure aujourd’hui l’inanité de pareille prétention. Acculée à la misère, flouée par des promesses sans lendemain, l’infortunée enseignante n’a d’autre échappatoire que de s’adonner aux activités lucratives et aux cours sonnants et trébuchants.

N. M.