Angoisse à plusieurs facettes

C’est d’abord une nouvelle période sèche en plein hiver : aucun espoir d’averses à l’horizon. Les pluies se font de nouveau rares ; les oliviers qui ont besoin d’une grande quantité d’eau immédiatement après la période de ramassage d’olives risquent d’observer un temps de « stagnation » qui retarderait la reprise du cycle de fécondation de la prochaine récolte. Sur un autre volet, c’est le cheptel qui encourt le risque d’une famine annoncée avec des parcours de pâturage sans herbe, sans une quelconque verdure, et cela en raison du verglas qualifiée de situation « noire » par les agriculteurs, car cela empêche les pousses de remonter en surface ; de plus ce dernier durcit la surface de la terre et « brûle » tout ce qui est végétation fragile. Au cœur de la journée, c’est le soleil qui prend le relais et amène des températures assez élevées, à tel point que les gens se mettent à l’ombre en plein janvier.

Cette chaleur rappelle aux éleveurs le feuilleton de la blue tongue de l’été passé, sachant que cette chaleur subite et hors saison est propice à la mouche, un climat favorable pour sa reprise d’activité. Cette année plusieurs cultivateurs se sont remis au travail de la terre et ont procédé aux labours et semailles immédiatement après les pluies du mois de décembre.

Avec ce retard des nouvelles pluies et le retour d’un climat chaud aggravé par le verglas, les céréales risquent de pourrir. C’est les tripes nouées par l’angoisse que ces paysans scrutent chaque matin un ciel qui persiste à rester clair et sans nuage. Ces agriculteurs, qui ont labouré sur des terrains non irrigués, ont toutes les raisons d’être inquiets, au même titre que les éleveurs.

Heureusement que les abondantes chutes de neige du début de la saison ont renflouée les nappes souterraines, éloignant momentanément le spectre de la pénurie d’eau potable.

A noter cependant que la neige, sous l’effet de la chaleur, a complètement et rapidement fondue : ne subsistent encore que quelques traces dans des zones non exposées aux dards brûlant des rayons du soleil, surtout en hautes montagnes. Les personnes âgées restent cependant confiantes et disent que rien n’est encore perdu : leur espoir d’un changement de temps et du climat reste entier : « Nous ne sommes qu’au début de la saison humide ! », s’exclament-ils, se faisant rassurants à l’égard de ceux qui se sont lancés dans la campagne des labours/semailles.

En attendant, la population est soumise au même climat que le Sahara, avec des températures très basses la nuit et très chaudes le jour, un climat que les anciens désignent sous le qualificatif d’ »el djriha », climat qui n’est pas sans répercutions néfastes sur la santé humaine et animale.

Omar Soualah