Outre l’intérêt qu’il suscite auprès de la presse nationale, le procès de la caisse principale de l’affaire Khalifa, présenté comme « le procès du siècle », fait également les choux gras des médias français. Un sujet de prédilection étant donné que de nombreuse personnalités françaises du showbiz et de la politique se trouvent impliquées de prés ou de loin dans cette affaire à l’allures d’Arlésienne. Le quotidien Le Monde, dans sa livraison, d’hier, estime que le procès passionne l’opinion publique, non sans dire toutefois que celle-ci demeure « sceptique » par rapport à la capacité de la cour de Blida à « impliquer des responsables politiques ». Selon lui, l’absence du principal protagoniste, Abdelmoumen Khalifa, réfugié en Grande Bretagne depuis 2003, et la fugue de l’ex- gouverneur d’Algérie, « pèsent lourdement » sur le traitement de cette affaire politico- financière. Le journaliste note pertinemment que « les audiences ont établi que des dirigeants d’établissements publics et des ministres faisaient antichambre chez Khalifa pour profiter de ses libéralités ». Qualifiant de « fantaisiste » la gestion de la banque Khalifa, l’auteur de cet article constate que ce procès n’apporte pas jusque-là, des réponses crédibles à l’adresse de la rue algérienne, laquelle, selon lui, s’interroge comment une telle escroquerie a pu durer trois ans et demi. « L’opinion a du mal à croire que cela a pu être possible sans protection politique », écrit Le monde. Dans un récent article, le même quotidien indique, à l’occasion de l’ouverture du procès en question, le 8 janvier dernier, au tribunal criminel de Blida, que celui-ci « risque de tourner à la farce », estimant que la magistrat-instructeur n’a retenu que « les seconds couteaux » dans une allusion claire aux responsables et autres fonctionnaires subalternes dans la banque d’El Khalifa. L’autre journal français Libération, titrait, dans un récent article consacré à cette affaire, « Grandeur et misère d’un golden boy ». Le journal considère comme « météorique et mystérieuse » l’érection de l’empire Khalifa, ajoutant que l’absence du principal accusé risque de priver le procès « de toute sa substance ». La correspondante du journal en question, à savoir José Garçon, souligne que Khalifa était à une certaine époque dans les bonnes grâces du régime. Il a été même considéré comme « l’icône » d’une nouvelle génération d’investisseurs réussissant en Algérie. « Une opération qui semblait davantage relever du blanchiment d’image que d’argent », écrit la journaliste. Citant des titres de la presse algérienne, Libération souligne que des officiels algériens s’ingénient à « banaliser l’affaire » comme s’ils redoutaient une « bombe à fragmentation » qui risque de faire mal, même très mal au niveau du sérail et de sa périphérie. Le journal français évoque de probables « protections » dont Khalifa jouissait du temps de sa « succès story », en s’intérrogeant sur l’identité de celui qui aurait donné l’injonction aux entreprises publiques et aux caisses de sécurités nationales de faire le transfert de leurs avoirs vers la banque Khalifa.
Lamriben Hocine
