« Yennayer : histoire, culture et patrimoine ». La semaine culturelle organisée par l’association Amgud à la maison de jeunes Arezki Mansouri a été clôturée avant-hier par une conférence animée par le docteur Saïd Chemakh, professeur à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. D’emblée, le conférencier s’est étalé sur la signification de Yennayer au niveau de toute l’Afrique du nord. Abordant l’origine de cette date, M. Saïd Chemakh dira que cela avait un lien étroit avec Chenak, roi de la vingt-deuxième dynastie berbère. Cette famille avait régné deux siècles durant. La plupart des historiens se sont entendus sur ce calendrier qui débuta alors en 950 avant Jésus Christ, c’est ce qui fait la différence entre les deux calendriers Julien. L’animateur de ce thème ô combien riche en significations a été amplement abordé sur différents volets historiques et culturels, M. Saïd Chemakh a insisté par ailleurs sur les moyens et les canaux pour sauvegarder tout ce patrimoine culturel. « Si aujourd’hui, il y a un manque c’est parce que notre culture a été longuement marginalisée. Elle a été une culture orale », dira-t-il plus loin. Devant l’assistance, l’orateur a suffisamment abordé aussi le problème de l’enseignement de tamazight. « Jamais une langue n’est restée une décennie au stade de l’expérimentation et, par ricochet, il n’y a aucune volonté de la promouvoir, surtout lorsqu’on parle de la demande sociale », a relevé le conférencier à qui une question a été posée au sujet de l’enseignement de tamazighe. Et de donner son point de vue sur les caractères à adopter pour le développement de cette langue. « Actuellement, ce n’et pas possible d’utiliser le tifinagh car c’est un système inadaptable pour l’évolution de la technologie », a-t-il déclaré. Pour lui, l’adoption des caractères latins est la plus plausible. L’invité de l’Association Amgud a exhorté les jeunes à utiliser tous les canaux possibles pour la promotion de la langue et de la culturel amazighes. Pour lui, le mouvement associatif, à titre d’exemple, est un moyen. Ainsi, le conférencier a éclairé l’assistance sur des points qui jusque-là étaient encore flous, en disant qu’il était disponible pour animer d’autres tables rondes de ce genre.
Amar Ouramdane
