Pour une quelconque activité culturelle ou sportive, les jeunes de la localité de Agouni Gueghrane n’hésitent pas à se déplacer au chef-lieu de daïra des Ouadhias à huit kilomètres de distance double pour ceux de Aït Reggane alors que chez eux, tout est ignoré. A Agouni Gueghrane, il n’y a pas de club de football, ni section de karaté, ni chorale, absolument rien, hormis les nombreux joueurs de dominos et de cartes qui entourent les tables des cafés des villages. « Chez nous, il n’y a aucune association, même celle appelée « Slimane Azem » a mis la clé sous le paillasson », nous déclare ce jeune qui ajoute que son siège situé en-dessous de la salle de prière de la mosquée ainsi que celui de l’ex-club de culturisme ont été repris par les Houbous. Sentant une quelconque « affaire politico-religieuse locale » dans la quelle notre interlocuteur voulait sans doute nous entraîner, nous enchaînâmes sur la question du chômage qui touche la quasi-totalité des jeunes qui n’ont que la pension « Euros » de leurs aïeux pour vivre alors que leur projet de création d’emploi se heurte aux multiples démarches avec l’ANSEJ et la banque qui bloque tout. « Ici, c’est le bout du monde, mais nous pouvons lancer beaucoup de choses, surtout dans le domaine du tourisme », nous confie ce jeune avec qui nous n’osons pas évoquer certains faux problèmes qui enveniment cette localité où tout un chacun devrait y penser positivement. Agouni Gueghrane, malgré son enclavement et son isolement, possède néanmoins de l’eau, des sites merveilleux et surtout le Djurdjura, qui à lui seul, donne à ses gardiens leur grande séduction et à ses gardiennes toute leur beauté.
E. N. K.
