Les habitants des quatre villages d’Amdoune n’Seddouk formant une communauté d’environ 5 000 âmes réclament le gaz de ville dans une pétition qui circule en ce moment et qui a déjà récolté, nous dit-on, plus de 2 000 signatures. Ces populations vivant dans une zone montagneuse à quelque 1 000 m d’altitude où les conditions climatiques hivernales sont des plus rudes mènent depuis l’Indépendance une bataille par leurs propres moyens pour la réalisation de divers projets, notamment l’assainissement des eaux usées, l’alimentation en eau potable et tout récemment les forages de puits qui leur ont coûté des sommes faramineuses. Tout cela pour dire que quand c’est possible, ces montagnards n’attendent personne pour mettre la main à la poche pour les projets améliorant leurs conditions de vie.
Mais ils savent pertinemment qu’un projet de gaz coûtera des milliards, soit des sommes loin de leurs possibilités. Les pouvoirs publics, durant l’exercice 2006, ont insufflé une dynamique à cette région en octroyant à ses contrées reculées et enclavées relevant de la commune de Seddouk, des projets de développement ambitieux, à la mesure des attentes des populations locales. Nous citerons à titre d’exemple les 70 millions de dinars octroyés à Seddouk Oufella, village de Cheikh Ahaddad et berceau de la révolution de 1871 ou encore le projet d’aménagement urbain du village Tibouamichine sans oublier Ighil N’djiber et Seddouk Ouadda qui partagent deux projets d’assainissement des eaux usées, un terrain de proximité et le bitumage sur 1,5 km d’une route les reliant. Notons aussi que cette communauté a bénéficié auparavant de divers projets facilitant la vie des habitants. Il s’agit du CEM, de deux écoles primaires, d’un bureau de poste, d’une antenne de mairie, d’un centre de soins… voilà autant de raisons qui font que ces populations sont entrées de plain-pied dans la vie citadine tout en restant dans leurs valeurs ancestrales locales avec notamment le fonctionnement sous l’égide des notables désignés à cet effet. Revenant au projet lui-même, cette communauté est située à quelque 1,5 km à vol d’oiseau de la ville de Seddouk, laquelle est alimentée en cette denrée rare depuis 2004, trois chemins les reliant existent sans détours pour dire que les pouvoirs publics n’ont même pas à compter sur les citoyens pour céder le passage à la conduite principale, elle suivra le chemin le plus logique. Enfin, ces populations croient dur comme fer, à un geste salutaire de l’Etat qui les sortirait de l’ornière, un geste qui leur épargnerait le prix de la bouteille de gaz qui n’a jamais baissé au-dessous de 220 DA pour atteindre, durant l’hiver, le pic des 250 DA. La wilaya de Béjaïa est parmi les dernières sur le territoire national en matière d’alimentation en gaz de ville avec seulement 15% des foyers dotés.
L. Beddar
