Le mercure frôle ces jours-ci les 23° le jour et cela fait déjà des lustres qu’il n’a pas plus, au grand désarroi du monde paysan, qui ne cache plus d’ailleurs ses appréhensions quant à une éventuelle sécheresse qui viendrait les plonger encore plus dans l’incertitude. En effet, l’importante pluviométrie enregistrée durant la saison hivernale 2005/2006 a laissé présager des lendemains meilleurs pour ces agriculteurs, qui espéraient que le ciel allait récidiver cette saison, mais pour l’heure, alors qu’on s’achemine vers le mois de février, c’est la désillusion. Ce début d’année caractérisé par l’austérité du firmament laisse comme un goût d’inachevé, place à des inquiétudes tout à fait légitimes chez cette couche paysanne dont la survie dépend très étroitement de la générosité du ciel, surtout pour la culture principale, l’oléiculture en l’occurrence, quoiqu’en Haute Kabylie, il n’existe aucun moyen d’irrigation moderne. Les agriculteurs affichent également leurs appréhensions quant au devenir des autres cultures telles que la pomme de terre, l’oignon… qui ne sortiront sans aucun doute pas indemnes de cette sécheresse si elle venait à persister. « C’est durant cette période d’hiver que nos cultures ont besoin d’énormément d’eau et je ne vous cache pas qu’on guette au quotidien les bulletins météorologiques, à la télévision et à la radio, tout en implorant le ciel d’être plus clément », avouera un oléiculteur de Maâtkas. Il convient de signaler, par ailleurs, que beaucoup de ménages s’autosuffisent pour pas mal de produits agricoles de première nécessité dans cette agriculture appelée communément, en campagne-agriculture, auto-vivrière, mais si cette cruelle sécheresse perdurait, cela affecterait certainement cette filière très importante dans la création des richesses agricoles. Dans certains villages, on commence à penser sérieusement au vieux rituel d’Anzar, par lequel on implore la clémence du firmament tandis que dans les mosquées, on envisage même de nouveau la « Salat el istisquaâ » (Prière de la pluie) pour la même perspective.
Idir. Lounès
