Une épidémie de grippe assez sévère sévit et se propage rapidement à travers la région, des familles entières sont terrassées par ce virus extrêmement virulent.
Les pharmacies sont prises d’assaut par certains, quand à ceux qui ne peuvent débourser 200 DA, minimum, pour le médicament le moins cher, ils se contentent de tisanes et autres traitements traditionnels à base d’herbes médicinales. Les moins résistants sont alités dès le deuxième jour de contamination et gardent le lit durant plusieurs jours, voir des semaines pour ceux ayant des problèmes de bronches ou étant asthmatiques. C’est une situation prévisible avec un climat sensiblement perturbé, aggravé par le verglas lequel se maintient jusqu’au milieu de la journée par la brume quotidienne provoquée par « un micro-climat » lui-même apparu dès la mise en service du barrage Thiseldit.
Cette épidémie généralisée revient chaque hiver sans que l’on ne pense à un système de prévention par des vaccins collectifs, ce qui reviendrait sans doute moins cher qu’une hospitalisation de plusieurs jours des malades chroniques. Une campagne de vaccination antigrippale serait utile pour les couches défavorisées de la population et pour la santé publique en général. Une réaction rapide et efficace pour stopper ce virus qui ne choisit pas ses victimes mais dont le terrain propice reste, malheureusement, les citoyens issus des couches sociales défavorisées, mal logées, mal nourries, mal habillées et non équipées pour affronter ce genre d’épidémies, des populations restant soumises aux caprices du climat et dont la santé dépend de l’efficacité de quelques infusions d’herbes, les plus utilisés sont les feuilles d’eucalyptus, la résine du pin d’Alep ou encore les feuilles du tilleul vert, à défaut l’on se contente d’une boîte de verveine achetée chez l’épicier du coin (traitement classique du pauvre).
Omar Soualah
