Dégradation de l’environnement

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Du point de vue hoperté, la ville de Souk El Tenine présente un aspect peu reluisant pour cause d’absence de civisme et de l’incurie dont font preuve les services concernés par le ramassage d’ordures.

La commune de Souk El Tenine (ex-Aït Ehsayen) connue par le passé pour la splendeur de ses sites naturels, qui attiraient des flux de visiteurs, a perdu beaucoup de son aspect reluisant.

Il y a quelques années, cette région à caractère touristique et rural s’étendait à perte de vue sur des centaines d’hectares de forêts qui se marient avec un littoral qui contient des plages faisant la fierté de la wilaya de Béjaïa. Ce que la nature a réalisé en plusieurs années a été ravagé par quelques incendies.

Aujourd’hui, c’est une région méconnaissable. Les forêts d’Aït Mrah, Louasta et Lota, qui constituaient le poumon écologique de la région, ont complètement disparu, laissant des centaines d’hectares dénudés et en proie à l’érosion. Chaque année, des centaines d’hectares de forêts partent en fumée.

Les incendies sont parfois causés volontairement par les marchands de bois de construction qui trouvent leur compte dans les feux destructeurs. L’évacuation des eaux usées est un autre problème dont souffre la région de Souk El Tenine. L’ensemble des réseaux d’assainissement de la commune débouchent directement dans les différents oueds, surtout oued Agarioune, d’où la pollution de ces cours d’eau même au plus fort de leur débit. Les responsables locaux, par méconnaissance ou par manque de moyens financiers n’ont pas pensé à équiper les rejets d’égouts de fosses de décantation à même d’atténuer la pollution. Si la collecte des ordures ménagères s’effectue d’une manière plus ou moins régulière au chef-lieu de la commune, il en va tout autrement dans les villages environnants.

Dans ces localités, où les unités de ramassage manquent de vigueur, se créent des décharges sauvages et anarchiques situées souvent à proximité des habitations ou des puits d’eau.

Du point de vue hygiénique, la ville de Souk El Tenine présente un aspect peu reluisant pour cause d’absence de civisme et d’incurie dont font preuve les services concernés par le ramassage d’ordures.

Réalisée depuis 1985, la décharge publique utilisée aussi par la commune de Melbou n’étant pas surveillée, est ouverte à tous les vents.

Des déchets de toutes sortes s’en échappent, notamment les sachets noirs en plastique qui ne sont dégradables qu’au bout de plusieurs années, voire des siècles.

A la nuit tombante, des hordes de chacals et de sangliers viennent se nourrir dans les décharges. Il arrive souvent que celles-ci prennent feu en été, il s’en échappe alors des odeurs ocres, irrespirables pour les riverains. Après avoir été longtemps un havre de paix, Souk El Tenine est devenue au fil des années, à cause de la pollution, une région où l’écologie n’a plus de place. Le manque de civisme des citoyens, allié à la négligence des autorités, ont fait de ce coin ce qu’il est devenu aujourd’hui.

Sid Ali Djenane

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