Rien à vendre, rien à acheter en Kabylie

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Tenue pour sanctionner, comme le veut la tradition dans ce parti, la réunion du Bureau national avec les secrétaires de wilayas, cette rencontre avec la presse était destinée à informer sur le bilan d’activité de l’année 2006 et la préparation des festivités du dixième anniversaire du RND, à l’ordre du jour. Si Ahmed Ouyahia ne s’est pas attardé sur les questions organiques parce que, visiblement, ça n’intéressait pas grand monde, il n’a pu, par contre, éluder la question sur le score de son parti aux sénatoriales.

Il a même anticipé sur la question, en déclarant que les résultats étaient très positifs, tout en regrettant le fait d’avoir perdu quelques wilayas qui n’auraient jamais dû lui échapper. C’est en tenant compte de ces résultats que le RND s’est attelé à la préparation des prochaines échéances électorales. Sur la confection des listes, Ahmed Ouyahia a insisté sur la démocratie comme règle première de désignation des candidats, en rappelant que son parti est l’un des rares à recourir aux primaires en la matière.

Cela sera-t-il valable pour les législatives ? Non, a-t-il répondu, en évoquant des raisons techniques. A la question de savoir s’il partageait la suggestion de Belkhadem de jumeler les élections législatives et les locales, l’ancien chef du gouvernement dira qu’il n’en est pas question. D’abord techniquement impossible, ce jumelage est légalement difficile à envisager puisque la Constitution ne prévoit le report d’un rendez-vous électoral que dans des conditions exceptionnelles, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Et ce n’est pas seulement sur cette question que M. Ouyahia a tenu à se tenir à distance respectable de son successeur.

D’abord en l’égratignant sur le contrat de Rome, dont tout le monde sait que le chef du FLN est l’un des principaux artisans. Ensuite, en excluant toute possibilité de listes communes avec les partis de l’Alliance avec l’argument que si les trois ont en commun le programme du Président, beaucoup de choses les séparent.

Le patron du RND poussera même plus loin en disant que s’il était favorable à l’émergence de pôles politiques, l’Alliance présidentielle n’en constitue pas un pour autant. Le remaniement gouvernemental ? Ce n’est pas un gâteau à partager et cela relève des prérogatives du seul président de la République. Pour la déclaration de Belkhadem sur la question, Ahmed Ouyahia s’en tiendra au fait que le chef du gouvernement a déclaré que ses «propos étaient mal interprétés». Sur le redéploiement du RND en Kabylie dans la perspective des élections, il a déclaré que cette région était comme toutes les autres : «Nous n’avons rien à vendre ni à acheter en Kabylie», a conclu M. Ouyahia qui a finalement beaucoup dit, pour quelqu’un qui n’avait rien de particulièrement nouveau à déclarer, en dehors du bilan de sa réunion organique.

Slimane Laouari

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