Omar Ghouar est un chanteur kabyle né en 1965 sur les hauteurs enchanteresses de l’Akfadou en basse Kabylie. Très jeune, il se consacre à la culture et active dans le mouvement associatif de sa région natale et même d’autres régions. Dans son village Aourir Ath Hsyen, il réussit avec d’autres jeunes à réaliser moult activités culturelles et sportives. Avec le temps, la petite bourgade des Ath Mensour s’est transformée en un carrefour artistique incontournable. C’est dans ce sillage que le jeune « Omar Awhid » ; Omar le solitaire, comme préfère le surnommer ses amis, marque ses premières présences sur cène. Des premiers pas artistiques qui furent des pas prometteurs. En effet, très peu de temps après son avènement au monde fantastique de la chanson, il compose ses premières œuvres. Cependant, il fallait attendre l’année 1994 pour que l’homme très respecté de la vallée de la Soummam enregistre et mette sa première cassette sur le marché. Edité chez Assalou Music ; des éditions d’Akbou, cet album fut une grande réussite. Le talentueux chanteur offre aux auditeurs de vraies merveilles. C’est à partir des choses simples de la vie que s’inspire l’artiste. « Les choses simples sont les plus extraordinaires et seuls les grand savants parviennent à les voir », écrit l’immense écrivain brésilien Paulo Coelho dans son fameux livre L’alchimiste. Omar Ghouar met en exergue les problèmes sociaux. Il consacre des chansons à la trahison sous toutes ses formes. La trahison dans entre humains en général et surtout la trahison au sein d’un couple. Peut-être t-il n’y a rien de plus dur que de voir l’être le plus cher à nos yeux changer de visage comme un caméléon. C’est abominable de recevoir un couteau dans le dos au moment où on se sent en pleine confiance. Ce thème et tant d’autres se regroupent harmonieusement dans l’œuvre de Omar Awhid. L’amour occupeaussi une place importante dans ses créations très intéressantes. L’auteur de Ruh anef- iyi ; Laisse-moi, s’intéresse à la musique de la même manière qu’il s’attache aux paroles. D’un style très original, Omar nous berce avec des mélodies qui ne cessent de fasciner un bon nombre de fans. Toutefois le chanteur reste très modeste et estime être au tout début d’un chemin qui reste long, très long. « Je tente de donner le meilleur de moi-même et je laisse le temps au temps. Ecrire des poésies et composer des chansons est une raison de vivre pour moi. Je ne peux pas rester les bras croisés. Il n’y a pas que l’argent dans la vie. Pour moi, les valeurs humaines représentent le substantiel de l’existence. Toutefois la chose culturelle dans notre pays est souvent mise à l’écart. Par exemple, pour se faire éditer il faut tout un casse-tête. L’artiste peine énormément », estime Ghouar. La prochaine cassette de ce créateur lucide sera sur le marché incessamment. La bonne volonté aura sûrement raison des incommensurables entraves qui empêchent tant de belles œuvres de voir le jour.
Y. C.
