La gestion des œuvres sociales de l’éducation, nouvel eldorado de l’UGTA, attribuée à l’ex-syndicat unique, suite à un accord entre le gouvernement et l’UGTA, le 17 janvier 1994, constitue elle aussi un problème que le ministre de l’Education devrait prendre rapidement en charge dans l’intérêt de la communauté éducative et loin des surenchères qui s’opèrent çà et là. En effet, ils sont des milliers de fonctionnaires dans la wilaya de Béjaïa à dénoncer au quotidien la gestion catastrophique et irrationnelle des fonds des œuvres sociales du sete/ugta et de sa commission des œuvres sociales. Et à Béjaïa ce ne sont pas les scandales qui manquent et qui ne cessent de faire perdre à l’administration scolaire toute crédibilité. Des scandales qui ont souvent éclaté sans que la direction de l’éducation de Béjaïa, première responsable, ne se sente concernée. La dilapidation des œuvres sociales, qui a défrayé la chronique et dont 32 membres prétendument « cadre syndicaux », ont, par le biais des fonds des œuvres sociales, pu se partager 32 logements au mépris de toutes les lois et conventions, à commencer par celle régissant la gestion des œuvres sociales, n’a fait réagir aucun responsable. Et si pour certains, le silence de l’administration scolaire s’explique par le fait que « les responsables de la DE se soucient plus de leur carrière que de la gestion d’un secteur », pour d’autres « certains responsables ont eu droit à des privilèges et sont tellement mouillés qu’ils ne peuvent plus intervenir pour mettre un terme à cette gestion catastrophique ». Outre cette affaire des « 32 logements », la commission des œuvres sociales a fini par grignoter du peu d’acquis des travailleurs. A ce titre, tout récemment, un fonctionnaire n’a pas pu obtenir une autorisation de séjour pour une cure de thalassothérapie pour son épouse, « la commission des œuvres sociales lui a signifié que son épouse, étant femme au foyer, elle n’ouvre pas droit à cette prestation », nous dira ce fonctionnaire révolté. Or, les textes régissant le fonctionnement des œuvres sociales, notamment l’article 4 du décret 82/179 stipule clairement que : « Sont bénéficiaires des œuvres sociales de l’organisme employeur, les travailleurs et retraités ainsi que les familles qui sont à leur charge. Les familles des travailleurs décédés continuent de bénéficier des mêmes avantages ». En tout cas, la déformation et les détournements des textes sont une pratique courante et bien connue de l’administration de l’éducation qui ne réagit pas pour mettre un terme ou apporter un démenti à l’intention de ses employés. Le fait d’exiger les trois dernières cartes de péréquation des œuvres sociales (FNPOS), sans que cela ne fasse réagir la direction de l’éducation est largement édifiant sur la gestion de ce secteur dans la wilaya de Béjaïa. Peut-on penser que c’est cette gestion des œuvres sociales qui complique l’attribution de l’agrément aux syndicats autonomes de l’enseignement secondaire qui, une fois l’agrément dans la poche, demanderont certainement des comptes que le syndicat « officiel » n’a pas intérêt à donner ?
Y. B.
