»Les stations-service propriété de Sonatrach »

Partager

Lors d’une conférence de presse, organisée hier au siège du ministère de l’Energie et des Mines, le P-DG de Naftal, Said Akretche, a réaffirmé que son entreprise est disponible à dialoguer avec l’ensemble des gérants libres des stations-service en vue de favoriser la prise en charge de leurs préoccupations. Le P-DG de Naftal a tenu à signaler, d’emblée, qu’une rencontre avec la Fédération des stations-service (Fnelss), s’est tenue le 28 janvier dernier et sanctionnée par la signature d’un procès-verbal.

Ce procès-verbal prévoit, selon lui, « l’élaboration d’un protocole qui définit et précise le cadre de concertation pour le traitement des problèmes relatifs aux relations commerciales, le réexamen des clauses du contrat liant les deux parties et n’ayant pas fait l’objet de consensus, telle que la question des ayant droits, et aussi le maintien d’un contact permanent tant au niveau régional que national ». A cet effet, le conférencier, a rappelé que les amendements introduits dans le contrat gérance et relatifs notamment au recours à la formule du contrat indéterminé, au fonds de commerce, au paiement à terme, et au décès du gérant « obéissaient au souci de Naftal d’améliorer constamment les relations commerciales avec les gérants libres et surtout d’instaurer un climat de sérénité et de confiance mutuelle ». Cependant, Naftal, selon son directeur général, qui reste « ouverte au dialogue et disposée à trouver les solutions aux problèmes posés dans un cadre de concertation », n’entend pas répondre à la revendication principale d’une partie des gérants, à savoir la concession de ces stations.

Et pour cause, les stations- service « sont les biens du groupe Sonatrach et non pas des biens de l’Etat ». « J’affirme que la propriété de Sonatrach et de sa filiale Naftal sur ces stations-service ne souffre aucune ambiguïté ni amalgame du fait que les biens des ex-sociétés pétrolières étrangères nationalisées ont été acquis par Sonatrach, soit par rachat direct (cas de BP), soit dans le cadre des nationalisations de 1967 et 1968 par remboursement du Trésor public », a t-il indiqué à ce propos. Réfutant les craintes des membres de la Fédération, qui étaient d’ailleurs présents à cette conférence, M. Akretche a précisé qu’il ne s’agissait pas « d’une tentative de récupération par Naftal des stations en gérance libre ». A titre d’exemple, il a indiqué que les stations ayant fait l’objet de fermeture l’avaient été « sur injonction des autorités, soit parce que frappées d’alignement dans le cadre des travaux d’aménagement, soit pour des raisons de sécurité tels que les risques de glissement de terrain ». Néanmoins, Naftal assure qu’elle « rétablira les gérants libres concernés sur les nouvelles stations qu’elle construira sur les terrains que les pouvoirs publics lui octroient ».

Par ailleurs, le dirigeant de Naftal a fait savoir que son entreprise est sur le point de lancer un programme de modernisation du réseau des stations-service pour un coût de 18 milliards de DA, dont 3,8 milliards de DA seront consacrés aux gérants libres, qui dirigent 355 stations (avec une part de marché de 11%) sur les quelque 2.000 stations que détient Naftal. Sur ces 355 gérants, il en reste 24 qui n’ont pas encore signé le contrat de gérance avec Naftal, selon le directeur de la branche commercialisation de l’entreprise. M. Mustapha Boudjemlal, président de la Fnelss, s’est inscrit en faux concernant les chiffres avancés par le dirigeant de Naftal mais sans avancer les siens. S’agissant du préavis de grève lancé pour le 3 février, il indiquera qu’ »on maintient notre position jusqu’au 3 février et en fonction des réponses à nos revendications on décidera du maintien ou de l’annulation de cette grève ». Visiblement pas convaincu par les arguments et assurances fournies par le P-DG de Naftal, M. Boudjemlal a souligné qu’il attendait la décision du président de la République qui devait trancher, selon lui, sur la question de la concession. « Le ministre du Commerce a déclaré qu’un conseil interministériel a été consacré à cette question et a décidé d’élaborer une plate-forme qui sera présentée au président de la République qui suit le dossier de près pour pouvoir trancher », a-t-il précisé.

Salah Benreguia

Partager