Les habitués du marché hebdomadaire situé au chef-lieu d’Aïn El Hammam n’arrêtent pas de se plaindre de l’état dans lequel sont réduits les lieux, depuis que des travaux d’assainissement y ont débuté. Clients et marchands pataugent, comme c’était le cas mardi dernier, dans la boue jusqu’aux chevilles. Déjà, par beau temps, le marché n’est jamais sec du fait de l’écoulement à ciel ouvert d’eaux douteuses dont personne n’arrive à cerner la provenance. La situation par temps de pluie s’empire.
Les commerçants avertis se munissent de pelles afin d’évacuer le gros des eaux devant leurs étals. Les cartons posés sur le sol afin que leur clientèle ait les pieds au sec, ne tiennent que quelques minutes avant de se mêler à la boue. Les usagers ne cessent de pester contre ceux qui par leur comportement, assimilé à du mépris, continuent à les noyer dans la gadoue. « Pour qu’ils interviennent, il faut d’abord qu’ils viennent faire leur marché comme nous et se rendre compte des conditions de vie des petites gens », nous confie un père de famille qui nous a interpellés à l’entrée de « cette pataugeoire ». Les premières conséquences de l’état du marché qui, d’habitude draine la grande foule, se font sentir par la désertion des lieux par beaucoup de citoyens. Les marchands de fruits et légumes abandonnent la place, un par un, laissant des vides visibles entre les étals.
Les travaux d’assainissement ayant généré cette situation étaient pourtant inévitables, puisque dictés par l’urgence de la stabilisation du terrain en mouvement. Cependant, ils devaient être entamés bien avant la saison des pluies (voir nos précédentes éditions). Prise de cours par le temps, l’APC aurait dû parer au plus pressé en exigeant à l’entreprise détentrice du marché d’activer les travaux. La rue Colonel-Amirouche, tout autant que le marché mitoyen, se trouve dans un état déplorable avec des crevasses par-ci, des monticules de terre par-là, au grand dam des riverains et des passants. D’ailleurs, même la menace de débrayage proférée par les commerçants ne semble pas avoir eu d’écho.
Les viandes et autres denrées alimentaires sont suspendues à l’air libre avec tous les risques que cela peut engendrer sur la santé des consommateurs. Comment demander aux bouchers ou autres épiciers, le minimum d’hygiène, dans ces conditions ? Cela fait maintenant plus de trois mois que la ville est devenue un chantier où la boue succède à la poussière et vice-versa.
Le commun des mortels se demande s’il y a une date-limite fixée pour la fin de ces travaux et s’il pourra revoir, un jour, la rue remise en état.
Nacer B.
