»J’existe pour résister »

Ce tempérament rebelle l’a toujours accompagnée. Déjà toute petite, Dyana laissait libre cours à son talent sur l’estrade de l’école en participant à toutes les pièces de théâtre et spectacles de fin d’année. Faire carrière dans le théâtre, elle n’y songeait pas vraiment : « C’était plutôt un rêve pour moi, celui de m’exploser sur scène. Je m’y sens moi-même. Le fait d’être en contact avec autrui apaise ma douleur » se confie-t-elle. Enseignante de théâtre, le 4ème art était le premier amour de Dyana qui a trouvé en ce moyen d’expression « un antidépresseur et un acte de résistance » qu’elle définit en ces termes « le théâtre est une révolution fantastique dans l’âme féminine algérienne. Un moyen formidable de peindre le quotidien et de mettre en exergue les maux qui rongent notre Algérie profonde « . Dans le cinéma, « un mode de vie » selon ses dires, Dyana a toujours incarné cette femme qu’on voulait cloîtrer et qui ne ménage aucun effort pour brandir les dangers et lutter pour sa liberté et son affirmation. Elle a joué dans plusieurs feuilletons télévisés dont le premier est la série  » tendresse d’une femme ». Depuis, Dyana a fait son bonhomme de chemin en prenant part à d’autres films, le dernier en date étant son rôle dans  » Iguerbouchène  » dans lequel elle a incarné la mère du grand musicien exilé en Angleterre pour étudier et accéder à un avenir meilleur. La souffrance de cette mère acceptant stoïquement la séparation d’avec son fils a été exprimée avec une grande sensibilité par Dyana : « c’est un rôle que j’ai joué avec mes tripes et je suis fière de l’avoir incarné « . Cette actrice polyvalente qui touche à peu près à tout travaille actuellement à l’ENTV dans le doublage en kabyle des documentaires pour le stockage de programmes de la chaîne amazighe qui sera lancée prochainement et tourne au sud du pays dans un feuilleton-hommage consacré au chanteur aurassi Aissa El Djermouni. Profitant de cette entrevue, Dyana Guennous a tenu à apporter des clarifications aux propos apportés dans nos colonnes et qu’elle a jugé déformés.  » Quand on m’a posé la question sur les scènes de nu, j’ai répondu qu’  » elles n’ont jamais ni fait progresser, ni fait régresser le cinéma  » et quand on m’a posé la question sur le rôle de Nadia Kaci, j’ai répliqué texto: » Nadia Kaci est une grande comédienne que je respecte beaucoup. Elle est convaincue de jouer ce rôle dans Viva Algérie  » et me concernant, je ne suis pas et je ne serai pas convaincue d’interpréter ce genre de films-là, peu importe le temps ou le lieu où je me trouve « . Elle ajoutera qu’elle s’est engagée dans ce domaine pour « porter tout haut la voix de la femme kabyle et non pas sa mise à nu « .

H. Hayet