Ripoux, milliards et petits Khalifa

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Si l’on prend pour argent comptant tout ce qui se dit dans la rue et ce que jurent être vrai par tous les saints, des sources plus ou moins informées et dont les langues ne se délient qu’au compte-goutte et dans l’anonymat, l’affaire Khalifa serait en passe de faire de petits cousins à Bouira. Il est question essentiellement de sommes faramineuses empochées illégalement pour services rendus ou détournées de leurs destinations initiales.

En la matière, une entreprise publique se place largement en tête des affaires pas très claires répertoriées et diffusées par une rue de moins en moins sidérée. On parle de près de dix milliards de centimes qu’aurait coûté une carcasse qui servirait de nouveau siège à cette entreprise à Bouira. La brigade économique et financière de la sûreté de wilaya se serait même saisie du dossier, affirme-t-on. De toute façon rien n’a filtré du côté de la police. La rue associe, avec plus ou moins d’exagération, le nom d’un haut responsable à Alger à cette affaire que l’on qualifie de scandaleuse. Le responsable en question aurait ‘’bénéficié’’ d’une Touareg, monnayant et moyennant son aval.

Le secteur de l’agriculture aussi focaliserait l’intérêt de la Brigade économique et financière de la sûreté de wilaya, affirme-t-on. Sur ce volet, on parle surtout du FNDRA. Des milliards de centimes auraient été cédés à des agriculteurs qui, en échange, n’auraient produit que du vent. A titre indicatif, une pépinière et une laiterie implanté dans le sud de la wilaya sont citées dans le milieu bien au fait des questions liées au développement de l’agriculture. Et, bien entendu, le doigt accusateur est tout naturellement pointé en direction de l’administration chargée d’affirmer ou d’infirmer le service fait.

Eriad Bouira serait aussi dans le collimateur de la brigade financière. Là aussi et pour vraisemblablement les besoins de l’enquête, pas grand-chose n’a filtré. On parle, cependant et sans trop de précisions d’une soirée dans un hôtel très coté à Alger qui aurait coûté les yeux de la tête et qui aurait laissé des traces…écrites.

Le secteur de l’urbanisme reste, et de loin, le secteur qui vole la vedette en matière d’on-dit pas très net colporté par une rue frustrée et lasse d’attendre un ‘’F n’importe quoi’’. Elle, la rue, ne se gêne pas de dire tout le bien qu’elle pense de l’entrepreneur et de l’administration. Elle ne comprend pas par quel miracle le marché du bâtiment échoit aux mêmes entrepreneurs. On parle quasiment d’un club fermé. Et par miracle, on suggère l’idée de pots de vins qui ne laissent jamais des traces. Lors de sa dernière visite de travail et d’inspection à Bouira, Hamimid, le ministre de l’Habitat, avait franchement accusé ce beau monde de «brasser du vent». Un secret de Polichinelle : des permis de construire ont été délivrés, alors que les normes urbanistiques ne l’autorisent pas. Par quel

miracle ? Aujourd’hui, les bâtisses en question n’attendent que les autorisations d’exploitation. Les leur délivrera-t-on ? Si oui, par quel miracle ?

La santé et la culture semblent être les seuls secteurs épargnés par la vox populi qui plutôt leur reconnaît une compétence et une présence effective sur le terrain. Comme quoi la rue n’est pas bêtement et injustement rouspéteuse et même si quelques fois elle s’inscrit dans des écarts, il n’en demeure pas moins qu’il n’y a jamais de fumée sans feu.

T.Ould Amar

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