L’affaire Khalifa a montré le visage hideux de la corruption : une corruption à laquelle ont pris part non seulement des banquiers et des spéculateurs véreux mais aussi, semble-t-il des personnalités politiques et économiques importantes.
Des personnalités en principe au-dessus de tout soupçon et dans lesquelles le peuple avait confiance. Et voilà qu’on apprend que des ministres, des P. D. G de grandes sociétés ont reçu des chèques, des billets d’avions ou des cartes de thalassothérapie, pour les inciter à placer l’argent public dans les caisses de celui qui est en passe de devenir le plus grand escroc du monde.
On parle de milliards de dinars, transportés dans des sacs en papiers, de réceptions luxueuses, de voyages… On donne le tournis aux petits fonctionnaires qui, avec 20 000 dinars par mois ou moins, n’arrivent pas toujours à joindre les deux bouts.
Beaucoup d’accusés aujourd’hui crient au complot, parlent de coups montés pour les faire tomber alors que les preuves de leur culpabilité sont là !
Elle est vraiment désolante cette affaire, elle fait honte à tous les Algériens honnêtes et consciencieux. Mais en même temps, elle rassure : la justice en Algérie n’est pas, comme ne cessent de le claironner certains prisonnière de la ‘’maffia politico-financière », l’Etat algérien n’est pas corrompu, puisqu’il ne s’est pas opposé à la tenue d’un tel procès.
Ceux qui doutaient des intentions du président de la République quand, il y a quelques temps, il déclarait la guerre à la corruption, reçoivent là un cinglant démenti !
S. Aït Larba
