La population indignée

Yakouren (47 km au nord-est du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou), localité dépendante administrativement de la daïra d’Azazga, se bat depuis belle lurette contre le plus vieux métier du monde.

Après avoir saccagé en 2002 l’hôtel « Petit suisse africain », hérité de l’ère coloniale implanté au chef-lieu de la commune, pour la présence des prostituées qui y exerçaient au vu des familles, les citoyens de cette municipalité ainsi les usagers de la Route nationale 12 tirent de nouveau la sonnette d’alarme sur ce fléau, qui commence à proliférer dangereusement dans certains lieux, plus précisément tout au long de la RN 12 reliant Azazga à Yakouren sans se soucier du respect de l’autre ni de la valeur morale de la population. A noter que les lieux, recherchés par les visiteurs en l’occurrence la fontaine fraîche sont souvent ciblés par ces énergumènes pour y assouvir leur désir bestial, ce qui menace de vider tous ces endroits des familles qui viennent jouir de ces splendides sites ; les enseignes clouées par des citoyens sur les arbres interdisant toute atteinte à la pudeur des citoyens n’ont pas empêché les véhicules stationnés sur la voie publique de continuer à narguer les bonnes consciences.

La colère s’est exacerbée chez les habitants ; ceux d’El Hadjadji (village relevant de la commune de Yakouren) sont mobilisés afin de réprimer tout acte du genre, « il ne s’agit aucunement du tourisme sexuel ni de lieux de débauche. On aura recours à la violence, s’ils continuent à faire la sourde oreille », nous a déclaré un villageois.

En outre, ce phénomène s’est propagé vers le lieudit El Ainser situé en plein massif forestier de la municipalité, un endroit où se détendait la majorité des jeunes sportifs (footing, football), présentement cet endroit est reconverti en un lieu de rendez-vous car les fourrés que renferme cette forêt aident beaucoup à multiplier ces actes immoraux. Un pâtre nous a fait savoir que chaque jour il pourchasse les couples qui viennent généralement véhiculés. « On ne les laisse pas ternir l’image de cette forêt par leurs faits impudiques car c’est la renommée de toute la région qui est en jeu », nous dira-t-il.

Il est à noter que le passage en famille sur cette route devient impossible, ce qui a poussé certains usagers de ce véritable paysage cauchemardesque, d’emprunter la route intercommunale qui est quasiment impraticable en passant par le village Aït Bouhini plutôt que d’assister à des scènes obscènes visibles sur la Route nationale 12.

Mais la question qui se pose, c’est quand les pouvoirs publics interviendront-ils pour se débarrasser définitivement de cette débauche qui reste une insulte pour la région ?

Ahcène Djenadi