Quiconque aura l’occasion de parcourir les ruelles de ce village de 1000 habitants dans la commune d’Aït Aggouacha sera frappé au premier abord par la propreté des lieux. Rien, pas un papier à terre, pas une pochette disgracieuse, par un détritus ne se laissent entrevoir. La rue principale et les ruelles en escalier menant vers l’intimité des quartiers sont aussi propres que l’intérieur des maisons. Mais quel est donc le secret ? Le village est tout simplement bien organisé. Un comité fonctionnel, présidé par un jeune homme dynamique, est choisi par consensus. Ce comité se réunit tous les week-end pour traiter des affaires courantes. Ce sont les hommes qui, à tour de rôle, par groupe hebdomadaire de vingt, balaient les ruelles et transportent les déchets à la décharge commune. Des projets ont été menés à termes avec le concours de la municipalité dans un arrangement fécond au terme duquel le village se chargera de la main-d’œuvre tandis que les fournitures seront accordées par l’APC. Le foyer de jeunes est en cours de finition et attend son équipement retenu pour le programme 2006. Toutes les ruelles ont été bétonnées. Des sources ont été captées et canalisées vers une fontaine proche, donnant une eau limpide loin de toute pollution. Un projet de piste agricole est en bonne voie pour permettre le désenclavement des potentialités arboricoles.
Le règlement intérieur est respecté. Chacun est tenu de cotiser mensuellement pour la somme modique de cent dinars afin constituer un budget interne dans lequel le village puisera les frais collectifs : rémunérer le facteur embauché dans le cadre de l’aig, acheter un équipement manquant, organiser des funérailles…
Une commission s’occupe des litiges entre habitants. Les affaires traînant en justice ont été retirées et réglées au niveau du village, chacun des antagonistes préférant laisser un peu de son droit prétendu, auquel il tenait mordicus pour une solution à l’amiable rendue possible par le poids psychosocial de la communauté. Comme le dit si bien un habitant « on va en justice pour s’affronter, on revient au village pour s’entendre ». Mais on retiendra surtout que pour les habitants de ce petit village de montagne, la saleté n’est pas une fatalité.
M. A.
