Des classes d’examen sans tamazight

« Nous allons demander à ce que tous les élèves de 4e AM sans professeur de tamazight soient dispensés de l’examen du BEM 2007 ».

Cette déclaration désabusée d’un inspecteur de tamazight résume tout le malaise dans lequel baigne l’enseignement de cette langue et les errements qui la caractérisent depuis son introduction dans le système éducatif. Pour cet inspecteur, la décision de l’intégrer aux examens scolaires pour la première fois cette année exhale des relents de démagogie confinant au cynisme. Il en veut pour preuve le fait que tous les élèves de 4e AM ne soient pas logés à la même enseigne : « Bien des élèves ne pourront pas passer l’examen du BEM dans la langue tamazight pour la bonne raison qu’à la date de l’examen, ils n’auront pas cumulé 4 années d’apprentissage, c’est-à-dire un cursus complet », déplore-t-il.

« D’ailleurs, observe-t-il, beaucoup de directeurs ont affecté le professeur de tamazight non pas pour les classes d’examen mais pour les autres niveaux ». Cette situation se vérifie à Akbou qui compte une dizaine de collèges mais pour lesquels seulement 2 ou 3 totalisent un cycle complet d’apprentissage en tamazight. Tous les autres, pour avoir pris le train en marche, ne sont pas éligibles à l’examen et sont donc exclus de fait. « Pourquoi prendre dans la précipitation une décision lourde de sens quand on n’est pas sûr de mettre les élèves sur un pied d’égalité ? » s’interroge interloqué, un PCEF de tamazight officiant à Akbou. Bien des enseignants en tamazight ne manquent pas de voir dans l’échec annoncé de cette première expérience une triste musique d’oraison funèbre préfigurant l’enterrement en grande pompe d’un projet vieux de douze ans.

Nacer Maouche