Ces écrits historiques représentent un repère incontournable en France et dans toute l’Europe. Il était aussi un grand homme de droit.
Pasquier Étienne est magistrat, humaniste et historien français. Né et mort à Paris, 7 juin 1529-30 août 1615. En 1546, le jeune Pasquier suit les cours de droitt de Hotman et de Baudoin à Paris, l’année suivante, il se rend à Toulouse pour y entendre Cujas, puis en Italie, où il assiste aux leçons d’Alciat à Pavie, de Socin à Bologne. En 1519, Étienne Pasquier fait ses débuts comme avocat au barreau de Paris. Il entre dans la carrière des lettres en publiant (1557) le Monophylle, dialogue sur l’amour entre trois jeunes gens et une demoiselle; l’originalité principale de l’oeuvre est l’intervention de Jeanne d’Arc. Quelques années plus tard, Pasquier épouse une jeune veuve dont il était le défenseur. L’université commençait à prendre ombrage de la diffusion de cet ordre et de la place envahissante qu’il commençait à occuper avec ses collèges dans l’enseignement; elle choisit pour lui défendre Eticuue et un autre avocat qui lui aussi jouissait d’une grande réputation, Antoine Arnauld, le père du grand Renauld. Bien que les Jésuites avaient gagné leur procès, les plaidoiries des deux avocats furent fort remarquées. Conséquent avec lui-même, Pasquier sortit de cette affaire brouillé à mort avec la compagnie qu’il attaquera encore en 1602 avec son Catéchisme des Jésuites ait examen de leur doctrine. Pasquier plaidera d’autres procès, pour le seigneur d’Arconville, pour le maréchal de Montmorency pour le duc de Lorraine, pour Henri de Guise, pour la ville d’Angeline. Il n’en délaisse pas pour autant ses travaux, si intéressants. Il écrit aussi des poèmes de circonstance : Sur le tombeau de messire Anne en 1567. Pasquier est chargé de mettre en pratique ses idées de modération. Il était chargé de missions d’importance, la première en tant que commissaire aux Grands Jours de Poitiers (1579), la seconde à ceux de Troyes (1583). Nommé en 1585 avocat général à la chambre des comptes, Pasquier devra repousser l’édit instituant la vénalité de toutes les charges. S’il ne cesse de travailler à ses Recherches, il n’oublie pas qu’il est poète et se disperse dans des recueils galants, tels la Puce des Roches (1583) et La Alain ait centres poétiques faites sur la main de Estienne Pasquier (1584), recueils auxquels Participent les plus brillants esprits de l’époque. Lors des troubles qui suivent la mort d’Henri III (1589), Pasquier, qui vient de publier sa Congratulation au roi sur sa victoire et ses heureux succès contre le fameux historien, se tient quelque peu à l’écart. Partisan d’Henri III contre la Ligne, puis d’Henri IV, il est aussi obligé à se battre et l’un d’entre eux devait mourir pour la bonne cause. Mais Pasquier s’absorbe de nouveau dans ses études, il compose les livres suivants des Recherches. Par ailleurs, il prépare le recueil de ses Lettres, dont une première édition avait paru en 1586, et qui devait être complété dans les éditions suivantes de 1590, 1597, 1598, 1607 avant de connaître une édition définitive à titre posthume. Quant à son oeuvre principale Les Recherches, l’homme sensible ne l’achèvera qu’à sa mort et le neuvième et dernier livre ne verra le jour que plus tard. On peut saluer en Pasquier le père de l’histoire de France. Il est le premier, et avec une exactitude et une érudition remarquables pour son temps, à avoir exploré le passé de la France. Sa curiosité est inlassable et il faut ajouter qu’elle est si singulière. Ce qui l’intéresse plus que les événements c’est la condition humaine.
Yasmine Chérifi
