Les professeurs du lycée Mustapha-Ben Boulaïd d’Aïn El Hammam ont décidé d’attirer l’attention de leur direction et de la tutelle sur le comportement indécent de certains élèves de leur établissement.
Pour ce faire, après une réunion ayant regroupé la majorité des enseignants, un arrêt de travail a été observé durant l’après-midi de samedi dernier. Joint par téléphone, un responsable nous a affirmé que cette situation fait suite à un incident ayant survenu dans une classe durant la matinée.
Il nous a été relaté que pendant que le professeur était occupé à dispenser son cours, certains élèves, « dont la place est ailleurs que sur les bancs de l’école », n’ont pas trouvé mieux que de s’amuser à le « bombarder » à coups de boulettes de papier et de morceaux de craie.
N’ayant pu accomplir convenablement sa tâche, le professeur s’en est remis à l’administration ainsi qu’à ses collègues qui, par cette grève, ont tenu à se solidariser avec lui et marquer leur ras-le-bol de ces comportements qui « ne sont plus des actes isolés », nous dit un enseignant, en colère.
En effet, des cas d’indiscipline, de menaces et même d’agressions, dont sont victimes les éducateurs, sont souvent signalés. Aucun palier, même l’école primaire, n’est à l’abri de ces potaches des temps modernes.
Les injures sont monnaie courante en plein classe. On nous rapporte çà et là que des enseignants se sont fait molester et insulter par certains de leurs élèves, plus précisément ceux qu’ils avaient « mal notés » ou qu’ils avaient rappelés à l’ordre.
Si l’administration protège les enfants en interdisant les châtiments corporels ou les renvois, elle n’a par contre rien prévu pour protèger les maîtres. La punition par la diminution des notes, à même de dissuader les insolents, n’a d’effet que sur certains.
Les bonnes vieilles consignes ou travail supplémentaire ne sont plus de mise vu que les établissements scolaires manquent de personnel. Quelles mesures le professeur doit-il prendre alors pour faire régner l’ordre dans sa classe et permettre aux élèves studieux — il y en a heureusement — de suivre le cours ?
Les élèves au comportement de voyous sont-ils en train d’investir nos écoles ? Tous les enseignants se plaignent de ne pas être assez protégés. La question mériterait qu’on y réfléchisse car le débrayage fait finalement l’affaire des cancres et sanctionne les bons élèves. L’intervention des parents d’élèves, par la voie de leurs représentants, est plus que jamais souhaitée.
Nacer B.
