Le village Hagui, relevant de la commune d’El Adjiba, semble avoir été victime du mauvais œil, eu égard au manque flagrant de commodités les plus élémentaires dont il souffre. En effet, ce bourg qui ne peut en aucun cas échapper à l’œil du maître en raison de sa situation géographique n’a à ce jour pas trouvé une oreille attentive à ses multiples sollicitations, des responsables concernés quant aux difficultés auxquelles ses citoyens sont confrontés au quotidien. L’eau potable, condition sine qua non de la vie, occupe la première place dans la longue liste des préoccupations des villageois. Ainsi, en 1991, les habitants de Hagui, las d’attendre l’aide de l’Etat, se sont mobilisés pour prendre en charge par leurs propres moyens le projet d’alimentation de leur localité en eau potable à partir du réservoir de Semmache, village limitrophe. Comme le coût du chantier engagé nécessite une somme colossale, ces villageois se sont rabattus alors sur l’usage d’une conduite en plastique. Trois années plus tard, cette dernière s’est avérée incapable de résister à la pression de l’eau qu’elle véhicule, ce qui a provoqué par la suite des perforations en plusieurs endroits. Pour éviter les pertes considérables de ce précieux liquide, les responsables concernés ont opté pour la solution facile par la suppression pure et simple de la conduite. Depuis, les citoyens de cette localité s’alimentent en cette matière à partir des forages individuels pour certains alors que d’autres se contentent de s’approvisionner à l’aide de citernes, un autre problème les petites bourses.
Dans un autre registre, il importe également de tirer la sonnette d’alarme sur le projet d’assainissement réalisé à coût de millions sans que personne ne s’en serve à ce jour. De ce chantier, les citoyens de ce village n’ont hérité que des désagréments : comme cette localité est à vocation agricole, certains propriétaires ont été contraints de limiter la surface d’exploitation de leurs terres car la buse est en certains endroits n’est pas à la bonne profondeur. Quant aux lieux de loisirs et autres édifices, tel le centre de santé ou le bureau de poste, les villageois n’y pensent même pas, car si le vital fait défaut à quoi bon espérer l’accessoire ?
M. Smaïl
