Un dessein éducatif

Par ci par là, des balbutiements viennent enrichir le monde des publications, monde qui n’est pas facile, et où il n’est pas aussi facile d’éditer puisque ces dernières années et particulièrement le livre amazigh n’est nullement subventionné, et que tout amoureux de l’écriture sait pertinemment que pour éditer un livre, une nouvelle, ou autre chose, doit obligatoirement se « débrouiller » avec ses propres moyens ou trouver un sponsor qui a le courage de parrainer le produit. Timetti d udrim est un livre de 50 pages qui vient s’ajouter à la bibliographie livresque en tamazight que vient de publier Aoudia Sofiane, un jeune de 25 ans, aux éditions Amal; avec la collaboration de Jardin Secret. Société et argent est un nouveau roman écrit par « un inconnu » dans le monde de l’écriture. Ce jeune étudiant en génie civil a essayé de porter à l’écrit ce que ses parents et grands parents lui narrent à longueur de journée et de nuits froides, sur l’éducation, le but à atteindre et avec quels moyens. Timetti d udrim est l’histoire d’un jeune « villageois » parti en ville faire ses études. Par cet ouvrage, le tout jeune auteur, qui est à son premier essai tente de dire « que l’argent n’est qu’un moyen, mais non un but, d’ailleurs l’argent (comme but) est l’un des facteurs provocateurs de fléaux sociaux » de même que « la valeur de l’argent n’est pas la même chez nos parents, grand-parents et nous ». A la lecture de cette nouvelle on aura remarqué que c’est l’histoire de deux adolescents et que c’est aussi l’histoire qu’aspirera à vivre tout adolescent, mais aussi il est à remarquer et à discerner l’accent mis par l’auteur sur l’importance qu’il accorde à l’éducation des parents et aux torts que fait l’argent aux jeunes. Le fait que le livre raconte une histoire « pour adolescents » n’est pas le fait du hasard, car l’avenir de ce pays et de tout pays et même de notre langue, ce sont ces adolescents, c’est à ses adolescents d’éduquer leurs enfants, quand ils en auront, non sur l’argent comme but, mais comme moyen. Donc, il faut sensibiliser les adolescents. Ainsi, pour se faire connaître, Sofiane a d’abord commencé par faire une vente-dédicace au fin fond de la Kabylie, au village Aït Ouabane dans la commune d’Akbil, avant d’atterrir à la maison de la culture pour trois journées. « Je tiens à remercier l’association culturelle du village Aït Ouabane qui ‘ma invité et aussi Ould Al El Hadi qui depuis son arrivée à la maison de la culture de Tizi Ouzou, a complètement transformé cette dernière et lui a redonné sa vocation qui est la culture ». Ce jeune auteur montre un enthousiasme et une volonté de fer à produire même si les moyens font défaut. Avec ce genre d’initiative et de volonté pour enrichir la langue par la production, ça ne peut être qu’une bonne chose. Ces productions ne peuvent qu’apporter du bien à la langue amazighe, car quant une langue passe de l’oralité à l’écrit, les supports sont indispensables pour que cette langue puisse avancer et ne pas retomber dans ce qu’elle a été. Aussi, Sofiane ne veut pas s’arrêter ici, mais compte aussi éditer une bande dessinée « dont les textes sont fin prêts mais, je suis à la recherche d’un dessinateur », nous confiera-t-il de même qu’un autre projet est en voie de finalisation « il s’adresse particulièrement aux enfants et porte comme titre Binz ». Que lui souhaiter dans ce domaine, de l’écriture qui n’est pas aussi facile, c’est qu’il arrive au même but que celui réalisé par les acteurs principaux de son histoire, en l’occurrence Chafik et Lila. Signalons que la préface a été écrite par l’auteur, et qu’aux dernières pages du livre, on trouve l’explication des mots qui, pour l’auteur peuvent prêter à confusion ou ne sont pas connus par le public, c’est aussi une bonne chose que d’enrichir le lexique kabyle, par ce genre de petit « dictionnaire ».

B. M’hanna