Une centaine d’enseignants, venus des différents lycées de la capitale, ont répondu à l’appel du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) les invitant à un rassemblement de soutien et de solidarité avec leurs camarades du lycée Emir Abdelkader, où les enseignants sont à leur septième semaine de grève, suite au conflit de travail qui les oppose à leur directrice, dont ils demandent « le départ pur et simple ».
Osmane Redouane, enseignant au lycée et porte-parole du CLA, a déclaré que ce rassemblement est un signe de condamnation « de la violation par la tutelle du droit de grève, pourtant garanti par la loi, en procédant au licenciement des enseignants grévistes et leur remplacement par des enseignants suppléants ». Il ajoute par ailleurs que « ces manœuvres sont faites au détriment des intérêts des élèves qui souffrent le martyre depuis presque deux mois ».
Après maintes tentatives de règlement du conflit, notamment avec la demande d’affectation d’un intérimaire pour assurer la continuité des activités administratives, l’académie d’Alger fait la sourde oreille quant aux revendications des enseignants.
Ces derniers refusent toujours de surseoir à leur mouvement de grève inadéquation entre leurs revendications et celles proposées par la tutelle. « Nous continuons la grève, tant que le problème avec la directrice de l’établissement n’est pas encore résolu », dit un enseignant.
Même ton chez des élèves qui « se disent solidaires de leurs enseignants » et refusent d’être « les victimes d’une gestion unilatérale de leur établissement par les responsable du secteur », confie un élève de troisième année, ajoutant que « par peur de représailles de la part de l’administration, certains élèves refusent de soutenir les enseignants et se présentent dans certains cours dispensés par des vacataires ».
M. Oulmouhoub, enseignant au lycée technique Ghanem Djillali de Bologhine, présent au rassemblement, a déclaré « qu’il a répondu à l’appel des enseignants du lycée et celui du CLA pour soutenir ses collègues ». Un important dispositif sécuritaire a bouclé tous les alentours du lieu du rassemblement.
Reste seulement à savoir si l’établissement bénéficiera d’un planning spécial pour la récupération des heures perdues et permettre aux élèves de rattraper l’énorme retard accumulé.
Mohamed Mouloudj
