En attendant des jours meilleurs

Ancienne ferme coloniale située entre l’oued Tassifth et le chemin de wilaya 41 reliant Seddouk à Akbou, elle avait été présenté après l’Indépendance pour la construction d’un village de recasement, et ce en guise de réparation pour les familles ayant fui pendant la guerre le village martyre d’Assrafil incendié par l’armée coloniale pour assistance de ses habitants aux moudjahidine. Le hameau de Taghezouft, dans la commune de Seddouk, où vivent environ 500 âmes a été finalement transformé en village agricole. Des constructions de type F2 imbriquées l’une dans l’autre en lignées séparées par des ruelles étroites. Situé a trois kilomètres de la ville de Seddouk, sa population pâtit de nombreux écueils. Le chômage frappe quasiment l’ensemble de la population en âge de travailler. La frange juvénile fait face aussi au problème de l’absence d’infrastructures de loisirs pour surfer sur le net ou pour s’adonner à une partie de jeux de cartes ou de dominos. Ils se déplacent, souvent à pied jusqu’à Seddouk.

Les retardataires, bercés par la bonne connexion ou pour qui la partie de jeux sur un air de revanche paraît plaisante, rentrent tardivement, dans les ténèbres en bravant les risque de la nuit. Pour taper sur un ballon, c’est une parcelle de terre cultivable que les jeunes amoureux du sport-roi ont transformé en terrain de football de fortune.

Les week-end, ils arpentent balle au pied la pelouse, pentue et caillouteuse, habitués aux blessures que son mauvais état leur occasionne. Ils organisent tant bien que mal des rencontres intervillages ou interquartiers. A l’intérieur du village, la placette et les ruelles deviennent bourbeuses en hiver et poussiéreuses en été. A cela s’ajoutent d’autres écueils qui exaspèrent la population, comme l’absence d’une mosquée. Le projet d’alimentation en gaz de ville de Seddouk, qui s’est arrêté à la zone d’activité distante de leur bourgade de moins d’un kilomètre, constitue un autre motif de frustration de ces villageois. « Le gaz est arrivé à moins d’un kilomètre de notre village et l’on nous a négligés on ne sait en vertu de quel prétexte », dira un habitant qui ne décolère pas. Le village a pris une extension fulgurante dans le domaine de l’habitat avec la création d’une petite cité limitrophe dans le cadre de la construction des logements évolutifs. Les bénéficiaires en possession de leurs logements depuis maintenant 3 ans endurent aussi un calvaire de taille : celui de l’absence d’un réseau électrique. Certains ont emménagé en s’alimentant en courant électrique chez les voisins. « J’ai ramené en guirlande des fils électriques sur une longueur d’environ 500 mètres ; les chutes de courant sont récurrentes notamment le soir où il est quasiment impossible de voir un film ou de suivre les informations sur le petit écran qui devient radio par l’absence de l’image », se révolte Nacer qui dit avoir fait partie de la délégation qui a été voir les services de Sonelgaz et le président de l’APC de Seddouk. Selon lui, chacun renvoie la balle à l’autre. Ultime satisfaction : le village peut se targuer d’avoir gagné la bataille des pénuries récurrentes d’eau.

La municipalité a en effet accordé un projet de

400 000 DA pour la mise en exploitation de la source de Taourirth. Bientôt, on s’épargnera peut-être la corvée d’eau lors des grandes chaleurs.

L. Beddar