En finir avec l’islamisme armé

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La boucle du terrorisme n’est malheureusement pas encore bouclée. Et plus inquiétant, la cadence de la reddition (tant attendue) des éléments de l’ex-GSPC a sensiblement baissé.

A contrario, les groupuscules de cette organisation islamiste d’obédience salafiste a grossi ses rangs, selon des informations recoupées, avant de planifier ses récentes attaques meurtrières. Une semaine après le 13 du mois courant, les traces de cette phalange sanguinaire sont encore visibles tant au chef-lieu de la wilaya de Boumerdès qu’à Si-Mustapha et dans d’autres localités de Tizi-Ouzou, à l’instar de Mekla ou Draâ Ben Khedda.

Le sanglant bilan s’élevant ce jour-là, en quelques secondes, dans ces deux wilayas, à 7 morts et une quarantaine de blessés dont cinq grièvement, renseigne sur la détermination de cette nébuleuse fondamentaliste à poursuivre son “djihad” jusqu’à l’instauration de la chariaâ. Une telle flambée de violence-substantiellement annoncée par les commandos locaux de l’ex-GSP entre deux incursions ou faux barrages suivis de racket en lisière des zones rurales à la moindre occasion-s’ajoute, particulièrement à l’est de Boumerdès, à d’autres attentats à l’explosif pratiquement manqués. Bombes à Ouled Aïssa, Baghlia et Benchoud en plus de l’assassinat de l’ex-maire de cette localité. D’une manière générale, l’on a su que les attaques meurtrières sont l’œuvre des Katibet El Ansar, El Farrouk, El Arkem fournissant des éléments à la serriate El Horra (section libre) créée par Hassan Hattab en 2001, avec pour mission principale d’agir en électrons libres et planifier des coups d’éclat, ici et là. L’on a surtout compris que seule une organisation d’une extrême solidarité disposant de relais et de moyens financiers a pu causer un tel désastre, la semaine passée. Les coups meurtriers synchronisés dans six ou sept chefs-lieux de communes de Kabylie portent, a-t-on analysé, la signature d’une organisation appuyée sur un projet politique d’essence criminelle. Et l’on redoute d’autres attaques meurtrières. Démasquer les filières clandestines de l’islamisme armé, localiser ses tanières en zone semi-rurale, tel est l’objectif que s’assignent encore une fois les structures étatiques locales de sécurité.

En réalité, celles-ci n’ont point connu de répit dans la lutte antiterroriste, puisqu’elles ont multiplié leurs postes d’observation et contonnements dans différentes zones sensibles de Kabylie. Avec pour l’exemple le quadrillage des maquis de Boumerdès, près de Draâ El Mizan, qui a été mis en place depuis plus d’un mois. Mais cette fois-ci, tout porte à croire qu’on cible des groupuscules de l’islamisme devenus plus coriaces. Inféodées à l’organisation terroriste transnationale d’El Quaïda, ces hordes islamistes qui viennent encore d’endeuiller l’Algérie tout entière ont apparemment créé de nouveaux maquis. La proportion est, chose révoltante, à leur avantage depuis le début de cette année qu’on considérait comme étant celle de la réconciliation nationale : pour cinq terroristes abattus sur l’axe Alger-Tizi-Ouzou, on dénombre plus d’une dizaine de morts et une cinquantaine de blessés dans les rangs des services de sécurité et des innocents civils. Le bilan s’aggrave si l’on ajoute ces rackets à outrance et autres rapts suivis d’exigence de rançon. Chaque incursion pour prélever la djizia est un signe de dégradation de la situation sécuritaire. Parce que les sommes colossales amassées ici et là permettent à cet islamisme ravageur de s’inscrire encore dans la durée, a-t-on constaté avec dépit. Et donc, l’armée soutenue par les autres structures étatiques de sécurité fera encore parler la poudre pour rétablir l’ordre et la sérénité. Mais tant à Tizi-Ouzou qu’à Boumerdès ou Bouira, personne ne sait encore où en est le redéploiement des forces de l’ordre. Appuyé par trois hélicoptèrs de combat, un contingent de l’ANP a fait mouvement hier encore vers les zones montagneuses d’Aghribs et d’Azzefoun. Relayée par l’artillerie classique, des raids aériens se sont concentrés sur de nombreux endroits préalablement circonscrits. Stationnée en Haute Kabylie, particulièrement dans les monts jouxtent Aïn El Hammam (ex-Michelet), les soldats de l’ANP ont démoli pas moins de cinq casemates en deux semaines. Aucune information précise n’a filtré sur l’arsenal de guerre récupéré suite à cette offensive. Pour le moment, ce n’est là qu’une victoire virtuelle contre les hordes sanguinaires. Mais le plus important c’est cette volonté affichée par l’armée: déloger morts ou vifs, tôt ou tard, les terroristes de leurs tanières. Dans le même temps, d’autres brigades de l’armée ratissent les coins de montagne à cheval entre Chabet El Ameur, Lakhdaria et Kadiria. Des mécomptes y sont survenus la semaine passée : 4 militaires blessés suite à l’explosion d’une bombe artisanale. Mais la pression y est maintenue avec l’objectif principal d’avoir à l’usure la horde islamiste traquée. On aura au moins temporairement empêché la mobilité des terroristes, leur couper les lignes de ravitaillement. Même topo dans les monts de Thenia et

Si-Mustapha.

Salim Haddou

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