En effet, cette semaine et pour ressusciter cet artiste, de nombreuses festivités ont été concoctées pour la circonstance. De prime abord, et afin de faire connaître l’itinéraire et l’œuvre de l’artiste, à la génération montante, une grande exposition a été mise en place dans le hall de la Maison de la culture.Des coupures de presse, des revues, des cassettes et autres documents étaient exposés pour donner le reflet réel, d’une carrière substantielle dans la musique chaâbi. D’autre part, des pièces théâtrales étaient également au menu de cet hommage avec la troupe “Taftilt” qui a présenté “beqcich tbib adarwich”. Par ailleurs, notons que cet hommage a été clôturé, avant-hier, avec à la clef un grand gala artistique. De grandes figures très connues dans la chanson ont rehaussé par leur présence cet évènement qui a drainé une foule nombreuse. La salle de spectacle s’est d’ailleurs avérée trop exiguë pour contenir une masse humaine qui a déferlé sur les lieux. 13 heures, soit une heure avant l’entame du gala, la salle était déjà archi-comble tel un œuf. Avant d’ouvrir la soirée, des membres de la famille et les amis de l’artiste ont été conviés à prendre la parole pour apporter des témoignages sur la vie de l’auteur de la célèbre chanson “Echamaâ”. Hamid, frère du défunt, D. Messaoudi, Yacine Ouabad, parolier, ainsi que l’illustre chef d’orchestre chaâbie, Chérif Kortbi qui ont, tout à tour, rappeler à l’assistance, les qualités humaines dont jouissait, de son vivant, l’artiste. S’en est suivi, sans tarder, un après-midi plein de musique avec une pléiade de chanteurs qui sont venus, rendre, à leur manière hommage a Kamel Messaoudi. Nacerdine Galiz, Chérif Douzane, Mohamed Lamraoui, Dahmani Belaïd, Amouchas, Omar Sahnoun, Hacène Ahres et Ali Meziane ont, quatre heures durant, régalé les présents avec de belles qacidates du défunt.En outre, il est à souligner que le jeune Amouchas a interprété la fameuse chanson “Ya hesra alik y a denia”, adapté en Kabyle. L’apparition de ce jeune talent sur scène a subjugué les amateurs du chaâbi qui ne cessaient d’ailleurs, d’applaudir, cette étoile montante. D’autres artistes en herbe se sont également produits et ont, à leur tour, laissé une très bonne impression. Mehdi Ressad, pour ne citer que celui là, a impressionné le public surtout lorsqu’il a chanté avec un style directement inspiré du chaâbi, une chanson de plus de trente minutes. Notons aussi que, de temps à autre, l’animateur Kacim Lakhdari, essayait de combler les “intervalles” avec de la poésie.Par ailleurs, à l’occasion, le frère de Kamel Messaoudi a reçu un cadeau des mains du directeur de la Maison de la culture de Tizi-Ouzou, M. Ould Ali El Hadi.Enfin, il n’est pas vain de rappeler que Kamel Messaoudi est issu d’une famille modeste, natif de Bouzaréah, dans la capitale, mais originaire du village Aït Bouali, en Grande Kabylie.Soutenu par son frère Hamid, il débuta sa carrière en 1968, à l’âge de 7 ans. Il était très fasciné des grands artistes comme Slimane Azem, Cheïkh El Hasnaoui et Dahmane El Harachi.Après une longue période dans la production artistique, il connaîtra le succès grâce à son œuvre “Echamaâ”, en 1991. Aujourd’hui, Kamel n’est plus de ce monde, mais il a laissé derrière une œuvre palpitante.
A. Hafidh
