»Il faut libérer l’entreprise algérienne  »

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« Les Assises de l’industrie sont les bienvenues, mais ils doivent d’abord commencer par l’élimination de toutes les entraves que rencontrent les op”rateurs économiqued pour la réalisation et le fonctionnement de leurs entreprises. Il faut libérer l’entreprise algérienne. La survie et le développement d’une entreprise, dans une économie ouverte et mondialisée, reposent sur sa capacité à proposer des produits de qualité et compétitifs sur le plan international. » C’est ce qu’a déclaré en substance, Issaad Rebrab, patron du groupe agroalimentaire Cevital, hier, lors de l’émission  » L’invité de la radio  » de la chaîne III. Il explique qu’aucun pays ne s’est développé uniquement grâce aux Investissements directs étrangers (IDE), dans une réponse directe aux avantages qu’octroient aux étrangers les Assises de l’industrie. Des Assises que le ministre de la Participation et de la Promotion de l’investissement, Hamid Temmar, compte tenir les 26,27 et 28 du mois en cours au Palais des Nations. M.Rebrab affirme que la Corée du Sud, exemple présenté par Temmar, a été développée par les Coréens eux-mêmes. Selon lui, le problème ne se pose pas sur l’exemple à calquer pour l’économie algérienne mais se pose en termes d’application. Il rebondit sur l’exemple coréen en soutenant que ce pays s’est basé au début sur quatre entreprises nationales familiales, lesquelles sont devenues par la suite des multinationales.  » Malheureusement, en Algérie, on n’a pas encouragé suffisamment les entreprises nationales à se développer « , déplore-t-il. A la question de savoir si les avantages octroyés aux étrangers ne constituent pas un acte discriminatoire visant à exclure les opérateurs algériens, l’invité de la radio dit ignorer ce que Temmar est en train de mijoter. Le patron de Cevital déplore que les étrangers viennent pour transférer les profits et dividendes dans leurs pays d’origine en ne payant pas les impôts sur les revenus alors que les nationaux réinvestissent la plupart de leurs profits sur le marché local. Une opération, ajoute Rebrab, qui est derrière la création de valeur ajoutée et de nouvelles richesses. L’orateur s’interroge sur l’intérêt à avantager les étrangers alors que tous les pays du monde avantagent, d’abord, leurs propres entreprises. Plus loin, le P-DG de Cevital indique que l’assise industrielle d’une entreprise d’un pays doit être centrée sur les avantages comparatifs.Il dit que le secteur privé a suffisamment démontré, malgré un environnement hostile, sa capacité à prendre le relais du secteur public dans la prise en charge du développement industriel sur le plan des investissements, de l’emploi et de la croissance économique. Interrogé sur les industries que l’on pourrait encourager à l’ avenir, l’invité de la radio précise qu’on peut encourager toutes les filières sans exception.  » Il faut d’abord choisir les filières où l’on a des avantages comparatifs sur le plan national et international. Il faut influer sur le prix de revient du produit lui-même. C’est-à-dire, les matières premières, la main d’œuvre et la logistique », note-t-il et d’ajouter « il faut aussi influer sur le prix de transport des matières premières et du produit fini afin de permettre aux entreprises d’avoir des avantages comparatifs et compétitifs  » Il a, à cet effet, cité les industries du coton et du verre plat, estimant qu’on peut dégager de la valeur ajoutée de toutes les filières.  » Il n’y a pas de raison que nous ne soyons pas compétitifs « , clame-t-il. Concernant les mécanismes à mettre en œuvre pour développer ces industries, M.Rebrab estime qu’il est obligatoire de faciliter la tâche de l’entreprise algérienne par la réalisation d’infrastructures. L’intervenant déplore les écueils du foncier et l’imobilisation de l’épargne au profit des entreprises. Loin de rester au stade du diagnostic quant aux entraves qui freinent l’activité des opérateurs privés, M.Rebrab formule des propositions, notamment, celle de voir l’Etat assurer des incitations pour la multiplication des ramifications de branches et la possibilité d’accorder des avantages fiscaux pour le développement de certains secteurs. Par ailleurs, il est utile de rappeler que de nombreuses organisations patronales menacent de boycotter les Assises de l’industrie prévues pour le 26 février en cours, en raison de l’insuffisance du délai accordé par le département de Temmar afin d’étudier le document et formuler leurs propositions.

Hocine Lamriben

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