Après les remous provoqués par l’anarchie dans la distribution de l’eau et surtout par la précipitation qui a caractérisé la réalisation d’une tranche du projet de réfection du réseau AEP, la tendance semble aller vers l’accalmie en dépit que beaucoup reste à faire. La commission (composée des membres de l’exécutif communal, des responsables du service technique de l’APC, de certains responsables du village et de l’entrepreneur ayant en charge le projet, qui s’est déplacé ce samedi dans le village afin de procéder à des essais sur le tronçon du réseau réalisé lors de son inspection tiré des conclusions satisfaisantes. Du moins, c’est ce que nous apprend Mouloud Arezki, président du comité Takhnaqt qui nous signale toutefois que quelques habitations situées notamment à Vouhamed restent mal alimentées. Si du côté de la réalisation du projet, les membres commissions peuvent se targuer d’avoir assisté à des essais concluants, la réalité de la distribution (débit et rotation) est, tout autre dans le quotidien des citoyens. Ajouté aux problèmes d’arrivage que nous avons maintes fois signalés dans nos précédentes éditions, la distribution se fait, surtout ces derniers jours, au pif, sans tenir compte le moins du monde d’aucun emploi du temps qui pourrait enfin permettre à l’habitant du village de savoir à quelle heure et quel jour, il aura de l’eau dans son robinet. Faute de calendrier, certains quartiers se retrouvent lésés par rapport à d’autres. « Qu’on nous affiche un tableau de distribution pour voir qui boit quoi et qui boit quand, pour en finir une fois pour toute avec toute cette anarchie ! », nous déclare fulminant un citoyen gavé de l’eau « bwassif », une eau de moindre qualité que la majorité de la population ici à Tifra ne boit qu’en cas de nécessité. Eté, automne, hiver… les saisons se ressemblent ici à Tifra pour le citoyen, quoi que l’on dise, il faut toujours attendre plus d’une semaine pour voir l’eau couler du robinet, dans certains quartiers du moins. Aussi, certains citoyens depuis quelques jours, ont décidé de mener des petites enquêtes sur le terrain pour connaître les dessous de la distribution de l’eau. Y a-t-il des quartiers qui bénéficient d’eau plus que d’autres ? Quels sont les quartiers lésés ? Pourquoi ? Car seule une distribution équitable peut ramener l’apaisement après toutes les études. Malgré les interventions sur le réseau et tout le bataclan, le problème reste presque entier. Le vœu émis par certains responsables de quartier d’avoir de l’eau quotidiennement s’avère pour l’instant de la science fiction. C’est hallucinant toutefois, quand on sait que des grandes villes comme Béjaïa, Akbou et autres avec leurs énormes besoins hydriques ont de l’eau presque en permanence et qu’à Tifra on nous dit qu’il est impossible d’avoir régulièrement de l’eau une fois par semaine. Quand l’eau va, tout va. Aux responsables de se pencher sérieusement sur la question.
Boualem B.
