Foyer d’épidémie et catastrophe écologique

Inclus jadis dans le territoire de la « vallée de la Soummam », l’oued Sahel est la plus importante rivière de cette région. Il traverse M’chedallah en plein milieu et d’ouest en est.

Cette rivière reçoit la quasi-totalité des rejets d’assainissement des villes et villages de la daïra : c’est un authentique « oued El Harrach » en miniature avec un manque flagrant de traitement des eaux usées dont le cours traverse et transite à proximité des villes d’El Adjiba, Ighrem, Ahnif, Raffour et Taourirt pour atteindre les autres villes de la wilaya de Béjaïa jusqu’à la mer qui marque la fin du parcours de cette immense rivière qui plus elle avance en amont plus elle prend des proportions pour atteindre le volume d’un fleuve d’eaux… usées.

En plus de la pollution de toutes les nappes phréatiques situées dans les cités et le long de cet oued, par conséquent ce sont des milliers de puits qui sont contaminés et cela sans parler des milliers d’hectares de terre, irrigués directement à partir des eaux de l’oued à l’aide de branchements et de rigoles qui dévient l’eau vers ces terrains. Sur un autre volet, ce sont des centaines, sinon des milliers de citoyens qui traversent quotidiennement à gué cette rivière en l’absence de ponts ou passerelles : on y trouve tous les cinq cents mètres un passage à gué utilisé par des piétons pour rejoindre la RN 5 et cela hiver comme été. Plus grave encore, nul ne peut traverser cette rivière sans se mouiller jusqu’aux genoux par temps sec et jusqu’à la taille en cas de crues et par mauvais temps.

Ces citoyens sont aussi contraints à des douches quotidiennes à base d’eau usée et puante. En périodes chaudes, l’oued Sahel se transforme en « territoire des moustiques » : c’est un miracle que l’épidémie de typhoïde ne soit pas encore déclarée, ce qui ne saurait tarder si les choses ne sont pas sérieusement prises en charge dès maintenant. Il fut un temps où le projet de réalisation de stations d’épurations et de traitement des eaux de l’oued Sahel focalisait toute l’attention des autorités locales avant qu’il ne soit —pour des raisons inconnues—définitivement abandonné.

Au jour d’aujourd’hui, avec le recul du terrorisme et l’importante manne financière engrangée dans les caisses de l’Etat, rien ne peut justifier la non-reprise de ce projet d’un apport considérable pour l’agriculture et la protection de la population contre les maladies MTH.

Dans l’urgence, de petites passerelles permettraient aux milliers de travailleurs de traverser « proprement ».

Omar Soualah