Que d’entraves !

Située à la sortie Ouest de la ville, incontournable pour le développement local, la zone d’activité à Boghni, demeure, plus de 15 ans après sa création, à l’état embryonnaire, ce qui a provoqué depuis le départ de nombre d’investisseurs, parmi les anciens acquéreurs, préférant délocaliser leurs projets vers d’autres wilayas beaucoup plus accueillantes.

Ce projet considérable de créer une zone d’activité à Boghni au début des années 90, devait permettre aux nombreux entreprises industrielles (confiseries, fabrique de limonade, biscuiteries… ) implantées au centre-ville, de transférer leurs projets, afin d’éviter tous les désagréments de la ville vers ce périmètre industriel, de plus, elle aurait permis à de nombreuses potentialités que recèle la région d’implanter leurs projets d’investissements dans cette zone, ce qui aurait pu permettre son essor économique, par ses richesses qu’elle aurait générées, en plus de la résorption du chômage grâce à la demande de main-d’œuvre qui aurait pu satisfaire ce projet de zone d’activité.

Malheureusement, le constat en 2007 n’est pas encourageant. De guerre lasse, nombre d’investisseurs, parmi les premiers acquéreurs des lots de terrain pour y implanter leurs projets, ont fini, au fil des ans, avec leurs avertissements improductifs, par baisser les bras. « Certains investisseurs, de différents créneaux, comme pour l’industrie agro-alimentaire, du plastique, de la tuile décorative et bien d’autres, ont consenti d’énormes investissements pour l’achat des machines et autres équipements, et cedepuis le début des années 90. La plupart ont tout revendu, d’autres ont délocalisé leurs projets. Tout ceci à cause de la non-viabilisation du site », nous a signalé l’un d’entre eux.

En effet, une visite sur les lieux permet de constater les carences qui bloquent le lancement de la zone. Parmi la cinquantaine de lots, la plupart sont nus ; moins d’une dizaine d’acquéreurs ont entamé les travaux de construction. Ces entraves au démarrage de l’activité sont : l’absence d’électricité, de gaz, d’eau, de clôture et chaussée délabrée.

Pour toutes ces raisons, seul un industriel implanté dans la zone a pu démarrer son projet, grâce à ses propres moyens (groupe électrogène, puits).

Pour M. Saïd Yahiatène, P/APC de Boghni, « la zone d’activité est viabilisée. Tous les travaux d’aménagement ont été réalisés récemment, il ne reste que leur mise en service ». Au moment où les choses semblent évoluer positivement, un différend surgit entre les anciens acquéreurs et l’Office de gestion des zones d’activité (OGZA). Ceux-ci (les acquéreurs) refusent les prix d’acquisition révisés à la hausse (de 250 DA à 800 DA/mètre) décidés récemment par l’OGZA.

Cette hausse de plus de 300%, bien que légitime, selon les dires des uns, puisque le prix d’acquisition initial était provisoire et que cette hausse a été consignée dans le cahier des charges, est perçue comme un véritable « chantage » qui risque de faire perdurer davantage le retard considérable pour le lancement de la zone d’activité.

« Si l’OGZA campe sur sa décision de réévaluation du prix de cession des terrains, ça sera alors à la justice de trancher », nous dira l’un des investisseurs. En tout état de cause, nous apprenons de source fiable que les anciens acquéreurs sont sommés par voie de mise en demeure, de régler leur passif (réévalué), faute de quoi leurs lots seront réquisitionnés.

Ainsi, selon la même source, les décisions d’annulations seraient fin prêtes.

Ali Khalifa