Coincé entre Adrar Amelal, Adrar n’Fad et Adrar n’Takoucht sur la rive gauche de Oued Agriou dans la commune de Taskriout, le lycée de Bordj Mira, qui compte 1 344 élèves répartis sur 33 divisions pédagogiques est en effervescence depuis maintenant 8 jours, alternant, période des compositions oblige, entre grève partielles et grèves générales. Entre autres actions engagées par les élèves, la solidarité avec leurs camarades sanctionnés, il y a lieu de signaler le rassemblement organisé devant l’établissement et la fermeture du portail de l’établissement.
Les motifs avancés de ces perturbations sont la traduction devant le conseil de discipline de 5 élèves : MA 3e AS, M. Y. 1er AS, S. Y. 3e AS, S. F. 2e A. S. et A. N. 2e AS. Les sanctions proposées — et que la DE n’a pas encore entérinés — sont le changement d’établissement pour les trois premiers et l’exclusion de trois jour pour les deux autres. Parlant des causes ayant justifié la tenue du conseil de discipline, le proviseur est resté vague dans ses explications. Il a évoqué le cas d’un élèves qui aurait reçu un appel sur son téléphone portable en plein conseil d’éducation et d’orientation dont l’élève est membre et celui d’un élève dépressif qui aurait l’habitude selon le proviseur de casser la vaisselle même à la maison.
Il a ajouté que si ces élèves sont sanctionnés, c’est surtout parce qu’en tant qu’adolescents ils s’insurgent contre tout pour afficher leur personnalité qui est en pleine mutation, et ce n’est pas la première fois qu’ils incitent leurs camarades à des perturbations.
Pour l’intendant et le censeur, les élèves se sont mis en grève parce que simplement depuis l’instauration du double service de la demi-pension, ils reprennent à 13 heures 30 et non plus à 13 heures et sortent à 16 heures 30 et non à 16 heures comme par le passé. Alors, ceux qui ne sont pas concernés par le repas de midi et qui n’ont pas trouvé à leur goût le fait de rester dans l’établissement une demi-heure de plus ont incité leurs camarades à déclencher la grève pour amener l’administration à revenir sur sa décision.
La capacité du réfectoire, explique l’intendant, est limitée et aux 338 demi-pensionnaires qui existent déjà depuis la rentrée scolaire, il faut ajouter 160 nouveaux boursiers, ce qui donne un total de 498 rationnaires qu’on ne peut pas faire manger en une seule fois, d’où la nécessité d’un double service. Quant aux bénéficiaires, ajoute le censeur, ce sont les enfants des victimes de terrorisme, les orphelins, les enfants éloignés et les démunis.
Or, M. W. et K. R., élèves de 3e AS rencontrés aux abords du lycée tiennent un tout autre langage. Pour eux, la grève qui a été déclenchée le 18 février au soir est due au fait que le proviseur a fait passer quatre élèves innocents devant le conseil de discipline (seule la 5ème MA mérite peut-être la sanction). Leur seul tort selon leurs camarades est d’avoir, en tant que représentant des élèves, au conseil d’éducation et d’orientation, dit « quelques vérités » qui n’auraient pas plu au proviseur. « Ces vérités », toujours selon M. W. et K. R. sont « que les élèves admis à la demi-pension ne sont pas toujours les plus méritants. Parmi eux, il y aurait ceux qui habitent à côté du lycée et dont les parents sont assez aisés ».
L’autre reproche fait par les représentants des élèves au cours du conseil d’éducation et d’orientation concernerait le médecin de l’UDS qui se contenterait d’orienter simplement les élèves malades vers le médecin généraliste du centre de santé.
B. Mouhoub
