Le ministre délégué chargé de la ville l’a annoncé la semaine dernière au forum de l’ENTV : les bidonvilles seront totalement éradiqués.
Faut-il rappeler qu’en dépit des efforts consentis par l’Etat en matière de construction de logements sociaux, les bidonvilles n’ont cessé de se développer, à la lisière des grandes villes. Ce phénomène est courant dans les pays du tiers-monde, et pas seulement chez les plus pauvres : des pays comme le Brésil, qui exportent des automobiles et du matériel électronique possèdent leurs bidonvilles, avec des millions de personnes vivant dans le dénuement le plus total. Le bidonville est traditionnellement le fait des paysans ruinés qui ont rejoint les villes dans l’espoir de trouver du travail et qui, n’ayant pas les moyens de se loger, se sont construit des logements de fortune. A ces transfuges de la misère se sont ajoutés, ces dernières années, en Algérie, les transfuges du terrorisme.
Des milliers de personnes, menacées par les groupes armés, ont été contraints, en effet, de quitter leur terres et leurs maisons, pour se réfugier dans des zones plus sécurisées. Résultats, les bidonvilles se sont accrus, ces dernières années de milliers de baraques, enlaidissant encore davantage le visage des villes. Les bidonvilles sont des lieux de malvie, où tout manque : l’eau potable, l’électricité, l’hygiène…
Des maladies, comme l’asthme, y sont endémiques, le chômage est plus élevé qu’ailleurs, la violence et les tensions sociales plus fortes. On ne peut que louer la volonté de l’Etat d’éradiquer ce phénomène, indigne de l’Algérie indépendante ;
S. Aït Larba
