La chasse en régression

l La chasse aux gibiers du terroir a pris une autre destinée depuis l’avènement du terrorisme. Cette passion favorite pour beaucoup de villageois et de montagnards dans la région d’Ath Abbas, a graduellement décliné depuis, avant de disparaître presque complètement suite à la confiscation en 1993 des armes de chasse, dictée par la conjoncture sécuritaire. L’éclipse des fusils de chasse qui perdure depuis 14 ans a plongé les chasseurs les plus tenaces dans l’oubli.

Aussi, la traque des lièvres, menée avec des chiens d’arrêt capables de poursuivre leurs proies à la course et de les ramener une fois touchées, fait partie d’un passé dont ils ne gardent que des souvenirs vivaces. Finis les milliers d’étourneaux commercialisés au marché de Béni Mansour lorsqu’il était à ses meilleurs jours et dont une partie était destinée à la consommation de nos émigrés en France. Aujourd’hui, la chasse aux lièvres, reste un acte rarissime : d’où leur prolifération. Rares sont encore ceux qui chassent avec des carabines à plomb. Ils opèrent, nuitamment, pour tuer des grives assoupies. Enfin, même la chasse aux oiseaux migrateurs (grives, étourneaux) avec des pièges traditionnels ou des substances hautement collantes, a connu une nette régression.

On relève qu’il y a de mois, en moins, de passionnées pour ce genre de chasse. Les oiseaux tués ou capturés, sont destinés à la consommation plutôt qu’à la revente, comme à l’époque où la choses était un plaisir, auquel toutes les franges de la société pouvaient prendre part — une décennie et demi sans choses — c’est éprouvant pour les fans des gibecières et des cartouchières dont les ambitions se sont amenuisées avec le temps.

Pourtant, durant cette longue « entracte » accordée aux gibiers, les animaux qui auraient pu être décimés dans d’autres circonstances, ont eu la chance de se multiplier. On note aussi que même les sangliers, accusés de ravager vergers et plantations agricoles, ont bénéficié de ce « sursis » que les hommes, dénués de leurs armes à feu, ont été bien obligés d’accorder aux animaux sauvages, même les plus convoités.

Z. F.