Les employés de la laiterie d’Amizour ont observé, jeudi, un débrayage de cinq heures pour réclamer leurs dus non perçus depuis le mois de novembre et aussi afin d’alerter les responsables du groupe Giplait du « désastre » qui guette cette unité du secteur public jusque-là vitale.
« Avec leurs maigres salaires, nos 46 travailleurs n’arrivent déjà pas à joindre les deux bouts mais avec trois mois sans salaires, ils vivent dans une précarité absolue », lance d’emblée M. Bellahcène, secrétaire général UGTA au sein de cette usine.
Pour le premier responsable de cette unité, qui a confirmé le non-paiement de trois mensualités, la cause serait liée à la situation financière de l’entreprise. « Cette situation a résulté de la baisse de rentabilité et du déficit financier de l’unité qui s’est accumulée durant les 7 dernières années ». La direction estime que débourser 1,5 million de dinars de masse salariale mensuelle est une mission impossible en ces moments de vaches maigres que traversent la laiterie.
Le directeur se dit aussi inquiet de ce passif qui n’arrête pas d’augmenter pour atteindre maintenant les 6 millions de dinars. Ce qui irrite en outre les représentants des laiteries, est « la sourde oreille » des responsables du groupe Giplait qui n’ont répondu à aucune des doléances qui leur ont été adressées.
« Sur les 4 000 travailleurs de cette filiale, seuls nos employés de la laiterie d’Amizour sont restés sans salaires depuis des mois alors que d’autres unités ayant connu presque la même situation ont été vite soutenus par le groupe puis repêchés et sauvés du désastre », claironne notre interlocuteur. En dépit de cette grosse facture endossée aux seuls employés de cette laiterie, leur représentant vient de réaffirmer que leur seul souci est de « préserver leur outil de travail ».
C’est à cet effet d’ailleurs qu’il songe à avoir recours à la contestation à un moment de perturbation de la production de sachets de lait dû au manque de la poudre, devenue de nos jours trop chère aux fabricants.
Ainsi, après ce premier débrayage, les syndicalistes de laiterie annoncent qu’ils ont donné un ultimatum à la direction qui expirera lundi afin qu’elle trouve une solution urgente pour permettre aux employés de percevoir leurs salaires.
Nadir Touati
