M\’Chedallah – Carrières d\’agrégats et pollution à grande échelle – Qui mettra fin à la catastrophe ?

Elles sont une quinzaine de carrières d’agrégats implantées le long de la chaîne montagneuse du Chréa entre la sortie nord d’El Mehir (wilaya de Bordj Bou Arreridj) et M’laoula dans la commune d’El Adjiba.

En plus des saignées géantes provoquées sur cette légendaire chaîne montagneuse par les broyeurs et extracteurs géants de roches qui défigurent l’un des plus beaux panoramas de la vallée du Sahel, ces carrières qui travaillent à plein régime en dégageant des volutes de poussière blanchâtre au dessus de chacune d’elles visibles aussi de très loin.

Ces poussières sous forme de nuages compactes et hautement toxiques sont poussées par des vents dominants vers des agglomérations limitrophes telles que le chef-lieu de commune d’Ath Mansour, les villages de Tamelaht dans celle d’Ahnif et plusieurs autres agglomérations dans la commune d’El-Adjiba, cela en plus de recouvrir d’une couche épaisse de cette poussière des centaines d’hectares de terrains agricoles et des oliveraies.

Signalons que ce gisement duquel est extraite la roche transformée en gravier de diverses dimensions est composé de chiite d’ardoise et de pierre bleue avec un taux élevé d’amiante, une matière cancérigène, faut-il y insister. Cette poussière toxique est aussi soulevée par les dumpers de carrières et les camions de gros tonnage qui font d’incessants va-et-vient sur des pistes situées sur plusieurs kilomètres entre les carrières et les lieux d’extractions qui desservent chacune d’elles.

Ces pistes traversent des champs cultivés et à proximité des agglomérations. Elles ne sont pas nombreuses ces carrières à respecter le cahier des charges qui leur fait obligation d’arroser chaque matin ces pistes et l’utilisation de filtres anti-poussière.

En plus de toutes ces retombées des plus néfastes tant pour la santé publique que celle animale sachant que les pâturages limitrophes sont aussi recouverts de cette poussière qui provoque un lugubre décor d’apocalypse.

Certaines de ces unités de production d’agrégats ne respectent pas le dosage des explosifs au point où des maisons périphériques du chef-lieu de commune d’Ath Mansour ont été fissurées et dangereusement fragilisées pas les puissantes déflagrations. Un fait que les citoyens d’Ath Mansour ne cessent de dénoncer sans qu’aucune autorité n’intervienne pour y mettre fin. Pour rappel, plusieurs actions de protestation avaient été organisées ces dernières années par des habitants de la région pour dénoncer «le recours excessif aux explosifs au niveau de ces carrières d’agrégats» et interpeller les pouvoirs publics sur les dégâts causés sur leurs habitations par les détonations résultant de ces détonations.

Une fois de plus, les autorités compétentes sont interpellées à propos de cette catastrophe à multiples retombées qui portent atteinte à l’environnement, l’agriculture, la santé publique et celle animale. Des mesures s’imposent pour mettre fin à cette catastrophe aux fâcheuses conséquences et éviter aux habitants les multiples désagréments dont ils disent souffrir depuis maintenait plusieurs années. Cela passerait par un rappel à l’ordre des gérants des carrières et la nécessité du respect des normes et des lois en vigueur.

Oulaid Soualah