Du rififi au lycée Soumani-Mahmoud

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Les enseignants et le personnel du lycée mixte Soumani-Mahmoud de Kherrata se sont réunis dernièrement pour dénoncer sévèrement les conditions lamentables auxquelles ils sont confrontés quotidiennement. Au ours de cette réunion, plusieurs points ont été débattus et une plate-forme de revendications a été établie. Celle-ci comprend 12 (douze) points concernant notamment les absences répétées du proviseur de l’établissement car, disent-ils, “à plusieurs reprises, on se retrouve face à des situations et des problèmes complexes. Malheureusement, on ne trouve pas un interlocuteur responsable pouvant décider. Et c’est pour cela qu’on demande qu’il soit présent tant qu’il a un logement de fonction à l’intérieur du lycée même”.

La ponction abusive sur les salaires des enseignants, l’inscription anarchique des élèves durant la moitié de l’année (février 2007), le non-renouvellement du conseil de gestion dont le mandat a expiré et bien d’autres points, sont les motifs essentiels qui ont déclenché ce mouvement. Pour l’essentiel, les enseignants que nous avons rencontrés sont déterminés à ne pas lâcher la corde et à poursuivre leur combat pacifique jusqu’à la satisfaction de leurs légitimes revendications. Cependant, il est à signaler qu’une plate-forme de revendications a été remise au directeur de l’éducation de la wilaya de Béjaïa lors de son passage au lycée— et les enseignants que nous avons interrogés attendent avec impatience les suites qui leur seront réservées par leur tutelle. Et c’est sur la base de cela qu’ils peuvent trancher. De son côté, le président de l’Association des parents d’élèves était très inquiet et soucieux lui aussi de l’effervescence qui règne ces derniers jours au niveau de ce lycée. Il nous a déclaré qu’il est en contact permanent avec l’administration du lycée pour trouver— et en étroite collaboration—une solution juste et équitable à ce bras-de-fer et par-là même essayer d’élucider tous les points touchant les élèves, à l’effet de leur préparer les solutions adéquates. L’autre problème qui a soulevé l’ire et le courroux des enseignants protestataires est la coupure de l’énergie électrique du lycée par les services de Sonelgaz qui, cette fois-ci, n’ont pas hésité un instant pour mettre à exécution leur menace. Cette préjudiciable situation est due d’après un enseignant qui a préféré garder l’anonymat “au cumul des factures d’électricité qui ont atteint le montant de 160 000,00 DA. Cela a énormément gêné et paralysé presque tous les services, notamment ceux fonctionnant à l’énergie électrique”, dit-il.

“Ecoutez, même le tirage des copies pour les sujets de ce 2e trimestre nous a causé beaucoup de difficultés et nous a fait perdre beaucoup de temps, heureusement qu’on a trouvé des facilités de la part de nos collègues des autres lycées”, nous confie un éducateur d’un air dépité.

Notre interlocuteur ajoute : “Cela fait une semaine que l’établissement est privé d’électricité. Tous les services sont paralysés. Plusieurs démarches ont été faite auprès des services de Sonelgaz pour le rétablissement du courant électrique. Mais ces derniers ne veulent pas céder et campent toujours sur leur position”.

Enfin et compte tenu de toutes ces anomalies signalées, et en attendant les suites qui leur seront réservées, les enseignants sont gonflés à bloc, déterminés à poursuivre leur mouvement et de recourir à d’autres actions plus dures si leurs revendications ne seront pas satisfaites, disent-ils. Nous y reviendrons.

Smaïl Chenouf

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