« Il faut s’attendre à une diminution des apports pluviométriques dans les 15 à 20 ans à venir et nous risquons d’arriver à une situation de stress hydrique bien plus avancée que ce que nous avons connu jusqu’à aujourd’hui. » C’est ce qu’a déclaré, en substance, hier, M. Mohamed Sennoussi, membre fondateur de l’Association de la recherche sur le climat et l’environnement, sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale. Invité à s’exprimer sur les derniers changements climatiques dans les pays de la Méditerranée, l’invité de la rédaction de la Chaîne III a, d’emblée, constaté que les saisons ne sont plus les mêmes, et par ricochet, des changements climatiques qui porteront préjudice à l’humanité sont à craindre. » Prendre conscience de cela est impératif « , a-t-il indiqué. Tout en soulignant que les schémas directeurs conçus sur la base d’études climatologiques des années 60 » n’ont plus aucun sens », l’orateur estime qu’il faut « inclure obligatoirement cette notion de changement climatique pour qu’elle soit à la base de toutes les politiques, quelles soient urbaines, agricoles, touristiques ou autres ». » Il faut associer le plus grand nombre de partenaires. Le monde de l’éducation et le monde des médias sont, entre autres, des piliers essentiels pour des politiques environnementales sérieuses « , a-t-il encore ajouté. Pour ce qui est de notre pays, le scientifique n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour dire que « nous sommes un pays polluant et la faute est partagée par plusieurs acteurs ». N’en restant pas là, M. Sennoussi a avoué que l’Algérie a toujours relégué l’environnement au second plan. Sur le même ordre d’idées, le conférencier a tiré à boulets rouges sur les élus. Et pour cause, ces derniers, selon lui, ne se sentent pas obligés de se former, de s’informer et d’agir dans ce domaine-là. » Il faut dire que c’est à leur niveau que sont conçues les lois. « , tonne-t-il. En guise de solutions, l’orateur, a plaidé surtout pour la mise en place d’un système de surveillance pour l’application des mesures anti-pollution. Par ailleurs, M. Sennoussi a tenu à affirmer que les mesures prises par les pouvoirs publics, à l’effet de réduire les émissions de gaz au niveau des champs gaziers et pétroliers, la promotion des carburants propres et les énergies renouvelables, comme le fait actuellement Sonatrach avec son programme HSE (Hygiène, sécurité, environnement), sont très encourageantes. Il dira à ce propos qu’ » Il faut impliquer tous le secteurs stratégiques du pays « . Au sujet du protocole qu’a signé notre pays dans ce domaine (protocole de Kyoto), ce climatologue estimera qu’ »il ne suffit par de ratifier des conventions », mais surtout d’impliquer tout le monde dans cette affaire. « La protection de l’environnement, c’est un problème de santé publique, un problème de dégradation de l’écosystème. »
S. Ben
