Un village à reconsidérer

Le village d’Ath Oualvane, situé à deux kilomètres à l’ouest du chef-lieu de la commune de Saharidj, demeure parmi les plus déshérités, et ses habitants acculés par cette situation miséreuse ne savent plus à quel saint se vouer. En effet, il nous a été permis de constater au cours d’une virée que nous y avons effectué, que tout vient à manquer de ce côté. D’abord, il y a l’état des routes qui sont, le moins que l’on puisse dire, en état de dégradation avancé. A cela s’ajoute le manque constaté de toute autre commodité allant de la moindre infrastructure à l’éclairage public qui y fait énormément défaut. En effet, cela est de l’avis de la plupart des habitants de ce village qui se voient tout bonnement comme étant les éternels oubliés des autorités. Pour Achour, un jeune universitaire, « l’on ne se rappelle d’Ath Oualvane que le temps que dure la campagne électorale. Ce village semble n’être qu’un réservoir de voix sans plus, quant au citoyen, tant pis ! ». Le même avis est partagé par Belkacem, la quarantaine révolue qui dira à ce propos : « Ca a été depuis toujours comme ça ! Rien n’a changé pour nous. Tout manque allant jusque-au minimum vital. Nous sommes coincés dans ce village où il c’est encore un rêve de trouver un transporteur pour y assure la desserte ».

En fait, le problème du transport se pose avec acuité au niveau de ce village abandonné et ceux qui payent le lourd tribut sont sans conteste les enfants scolarisés. Ainsi ces derniers de même que les filles font quotidiennement un long parcours pour rejoindre leurs écoles. Il y a certes des fourgons réservés pour le ramassage scolaire, mais leur nombre réduit, voire très insuffisant fera que les malheureux écoliers se voient tout bonnement privés pour la majorité.

Cependant, et à voir cet état des lieux pas du tout enviable, l’on se pose la question sur la considération du passé historique de ce village. En effet, (cela est de l’avis de tous) le village d’Ath Oualvane comptait parmi les plus peuplés du arch des Imcheddalen avant qu’il ne soit décimé presque dans sa totalité par l’armée française, à cause bien sûr de l’engagement indéfectible de ses habitants aux côtés des maquisards.

Le nombre de martyrs de ce village n’est là qu’un argument de plus qui doit pousser les autorités compétentes à reconsidérer ce village et lui donner ce qu’il devait avoir de plein droit en récompense des sacrifices consentis.

L. K.