Na Adidi, une moudjahida, un sacrifice et de l’ingratitude

Son nom de guerre Thbanaidats, un pseudonyme tiré de son nom d’origine, Banouh Adidi, sa mission durant la Révolution, le ravitaillement et la liaison car connaissant tous les refuges des moudjahidine de la région de M’chedallah. En dehors de la nourriture et habillement, elle s’était spécialisée dans l’approvisionnement de nos combattants en médicaments après avoir pris connaissance du docteur El Hadi, responsable de l’hôpital civil de l’ex-Maillot, actuel secteur sanitaire de M’chedallah. Madame Bellil, infirmière kabyle et enfin Ali Kacimi, technicien de la santé exerçant tous les deux sous les ordres du docteur El Hadi, ce trio lui a été d’un soutien considérable en matières de soins aux moudjahidine du début à la fin de la guerre de Libération. Na Adidi n’ayant aucun proche parent a été prise en charge après l’Indépendance par le docteur El Hadi, promu responsable de la première Assemblée communale (délégation spéciale) de M’chedallah pour les premières années après l’Indépendance, lequel lui confia de menus travaux au sein du même hôpital où elle a continué à servir la patrie avec abnégation en parallèle à ses activités dans les rangs de l’UNFA jusqu’à sa mort dans les années 90. Son sacrifice et ses engagements patriotiques durant et après la Révolution ont fait d’elle une femme nationaliste jusqu’aux tréfonds de son être. Malheureusement très connue et populaire de son vivant elle est morte et a été enterrée dans l’anonymat le plus total et est tombée définitivement dans l’oubli. A l’heure actuelle, elle repose au cimetière du aarch Amchedal (Thaida Lamssara), dans la commune de Saharidj, sa tombe, presque disparue n’est signalée que par deux simples pierres ne comportant aucune inscription la concernant, au moment où des moudjahidine se battent pour arracher des médailles de reconnaissance, décorations et maintes autres avantages et au moment où des comités font dans l’excès de zèle pour ériger des stèles commémoratives, Thbanaidats, synonyme de patriotisme, de courage et de sacrifice, un nom qui fait partie de l’héritage de la mémoire collective de la région, un nom que l’ONM, l’UNFA, les autorités locales et la société civile en général doivent glorifier et faire en sorte que sa mémoire ne s’efface pas de la même façon que sa tombe, remonter son itinéraire durant la Révolution et fixer son historique ne nécessite nullement de faire appel aux témoins, nulle personne du aârch Amchedal ne peut prétendre ne pas la connaître. N’ayant laissé aucun héritier, l’ONM doit se positionner en tuteur « légal » de cette moudjahida, ne serait-ce que par la baptisation d’une rue ou d’un édifice public à son nom. Glorifier Na Adidi c’est rendre un peu justice aux centaines de moudjahidate du aârch Amchedal dont certaines sont encore vivantes.

Omar Soualah