En attendant la convocation éventuelle d’une conférence de presse pour aujourd’hui, il est de plus en plus probable, selon des sources proches de la formation d’Aït Ahmed, que les prochaines joutes electorales se tiendront sans elle. Une attitude politique, le boycott en l’occurrence, d’autant plus familière au FFS qu’elle se présente en ce moment précis, comme une inespérée opportunité, une aubaine comme le FFS n’aurait jamais pu en rêver en ces temps d’adversité, rarement, voire à nul moment subie par ce parti.
Deux motifs, au moins, rendraient plus que vital pour le FFS sa non-participation au prochain scrutin des locales et des législatives.
Le premier a trait à l’impératif juridico-administratif de satisfaire à l’exigence de la tenue de son congrès conformément aux délais requis par la légalité pour prétendre à une participation électorale. Contrainte à laquelle est confronté le MRN de Djabballah, et qui pourrait se dresser face à une éventuelle décision du FFS de participer au rendez-vous de mai, celui-ci n’ayant pas tenu son congrès depuis maintenant 2004.
Toutefois, peut-être que, quoi qu’on en pense, cette condition statutaire apparue à la faveur des turbulences internes du parti d’El Islah, n’en est pas une en fait, dans la mesure où elle n’a été invoquée par le ministère de l’intérieur que parce que la crise du parti de Djabballah a été portée devant la juridiction compétente. Or, s’agissant du FFS, le problème ne se poserait pas, dans la mesure où la crise interne de ce parti demeure, pour l’heure, confinée au sein de ses instances. La loi sur les partis n’enjoignant nullement aux partis de satisfaire à cette condition pour prétendre à une participation électorale.
Ce qui nous amène au second motif éventuel d’une très probable décision de boycott des élections de mai : le traitement prioritaire de l’ampleur de la crise que traverse le FFS, par rapport au luxe des questions électorales que ne pourrait se permettre une direction en proie à une contestation de pans entiers de la base militante, dont les protégés d’Aït Ahmed éprouvent toutes les peines du monde à en amoindrir la portée.
Ainsi, courir le péril d’une participation électorale serait confier la charge de son organisation à des instances dirigeantes ouvertement décriées par la base, ce qui fatalement ne mènerait pas moins à l’implosion pure et simple d’une formation, sous l’effet conjugué du mécontentement actuel de la base et la colère qui surviendrait pour cause éventuellement, et certainement, de contestations autour des listes de candidatures.
Il faudra donc s’attendre à ce que le Conseil extraordinaire du parti d’Aït Ahmed drape sa décision attendue de boycotter les élections de mai, d’un habillage politique du genre « refus de cautionner la mascarade du régime », slogan, en somme, typique et tellement familier du plus vieux parti d’opposition.
Hakim.O.
