La récolte des olives en Kabylie n’aura pas été, cette année, exceptionnelle : si on la compare à celle de 2004, il est vrai exceptionnelle, et même à celles de 2005 et 2006, on peut même dire qu’elle a été maigre. La sécheresse a endommagé les fruits, peu abondants cette année. Résultat : l’huile d’olive ne sera pas bon marché cette année. C’est une déception pour les consommateurs de ce produit ancestral et pour ceux qui vivent de l’huile, un manque à gagner considérable. On invoque les intempéries, la règle (inexplicable) qu’à une bonne année succède toujours une mauvaise, la malchance… Si les intempéries, comme la sécheresse ou, les années froides, le gel, peuvent endommager les oliviers, la négligence, voire les mauvais traitements infligés aux arbres, sont également responsables du recul de l’olivier en Kabylie. En plus des milliers d’arbres arrachés, pour les besoins de la construction ou détruits par les incendies, un grand nombre d’oliveraies sont à l’abandon. De moins en moins de gens procèdent régulièrement à la taille, à l’aménagement de cuvettes ou au débroussaillage. De moins en moins de gens songent à greffer des oléastres pour remplacer les arbres perdus ou épuisés pour avoir trop donné… On ne se rappelle de l’olivier qu’au moment de la cueillette : c’est alors seulement qu’on se rend compte que la production n’est plus ce qu’elle était… L’olivier est un arbre généreux, et c’est même le plus généreux des arbres, mais il a besoin de soins et d’attention…
S. Aït Larba
