Nadhira Tlemcani voudrait à travers son investissement dans le domaine associatif, réhabiliter l’élite de la gent féminine algérienne… Rien de moins !
Présidente de l’association des femmes cadres « Afak », implantée à l’échelle locale de Béjaïa, « en attendant d’en faire une structure nationale », Mme Tlemçani, explique de façon très simple mais avec pertinence la nécessité de ce type de cadre : « Il fallait un cadre pour la femme intellectuelle ou instruite pour l’inciter à ne pas exploiter ses compétences uniquement pour gagner son pain… « , d’où la mission de son association de sensibiliser cette catégorie de femmes à « Contribuer à façonner son environnement à tous les niveaux : social, culturel et politique, de manière à marquer de son empreinte, notamment, le mouvement de réformes engagées par le pays, mais dans le sens du progrès et de l’affranchissement pour elles-mêmes et, partant, au bénéfice de la société ».
En termes plus concrets, Afak, dans cette perspective, s’attelle à organiser une série de conférences avec l’association des femmes chefs d’entreprise Seve, pour « sensibiliser, orienter et informer, les femmes à s’investir dans le business par exemple. » Une ambition, fait remarquer Mme Tlemçani, qui n’est pas forcément l’apanage des femmes instruites et urbaines mais aussi la femme rurale, par exemple, d’un niveau d’instruction plus modeste et qui aurait un savoir-faire quelconque, artisanal ou autres.
Bien que son association investit principalement les questions sociales et de société, Mme Tlemçani ne néglige pas la politique « pour une plus ample implication de qualité de la femme, précise-t-elle, dans la mesure où il s’agit pour notre association de lui faire prendre conscience de ne pas se prêter aux tentatives de manipulation et de présence-alibi au sein des institutions élues ou autres ».
C’est de cette manière que « nous parviendrions à ne pas laisser la porte ouverte aux opportunités », suggère-t-elle. Sur ce type d’enjeu, Afak s’apprête à organiser un débat autour de « Femmes et APN » en prévision des prochaines élections législatives.
Mais on s’en doute un peu, l’activité de Tlemçani et de son association ne va pas sans entraves, dont les pesanteurs traditionalistes contrariant l’action de mobilisation des femme quand bien même instruites, mais pas seulement, Mme Tlemçani fait état d’écueils de la part de l’administration locale, « le wali en tête qui a toujours refusé de nous accorder une audience, notamment pour lui faire part de notre requête pour l’obtention d’un local… « .
De formation universitaire en interprétariat, enseignante à l’université et mère de 4 enfants, Tlemçani Nadhira se fait un point d’honneur d’avoir choisi de vivre en Algérie, en dépit de maintes et plus qu’intéressantes propositions de travail à l’étranger, Londres entre autres avec « tout le luxe qui va accompagner », en tant qu’interprète d’ambassades. Ceci… soit dit en passant.
Hakim O.
