Zerhouni probable wali de Béjaïa

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La wilaya de Béjaïa pourrait avoir un nouveau wali, ce qui ne lui est pas arrivé depuis six ans.

Nommé peu après l’éclatement des évènements de 2001, en remplacement de M. Djillali Arar, Rachid Fatmi a eu à gérer toutes les épineuses sécrétions du Printemps noir. C’est une «walia», Melle Nouria Yamina Zerhouni en l’occurrence, qui devrait, à en croire les supputations dont grouillent certains microcosmes bougiotes, débarquer incessamment au pays de Yemma-Gouraya.

Wali au profil plutôt politique, Rachid Fatmi aura administré la wilaya tout en surveillant comme du lait sur le feu, un front «populaire» porté à chevaucher le moindre élan contestataire. Le développement économique s’en est trouvé quelque peu ralenti, selon la plupart des observateurs de la place. Le crédo de la wilaya semble d’éviter à tout prix de mécontenter les citoyens même quand ceux-ci recourent à des initiatives qui constituent de parfaits défis à la loi : pose anarchiques de «dos-d’âne» sur les routes, empiètement des constructions sur la voie publique, obstruction multiples aux projets de développement, débauche de violence dans les stades, etc. Zerhouni Nouria Yamina est actuellement wali de Mostaganem après avoir été en poste à Tipaza. La première et unique femme wali de l’histoire du pays est aussi l’une des nièces de l’actuel ministre de l’Intérieur. Sa venue à Béjaïa pourrait signifier une réorientation de l’attention de l’Etat vers le front du développement économique qui focalisent les récriminations de divers acteurs locaux, principalement les élus APW et les patrons de la CAP, etc.

«Je ne serais pas là avec vous pour prendre le bus», a lâché, sibyllin, M. Rachid Fatmi, hier après-midi, devant un parterre de journalistes convoqués pour la présentation de la maquette de la nouvelle gare routière de Béjaïa. Un projet que le wali estime être «au cœur des préoccupations des citoyens et des responsables» et qu’il n’est pas peu fier de livrer après avoir réussi la «gageure» de trouver un terrain de 4 hectares en plein centre-ville de Béjaïa.

Le wali semble tenir par dessus tout à léguer, à travers cet ouvrage à l’architecture futuriste, un souvenir impérissable de son passage à Béjaïa, la seule ville du pays, dira-t-il, où il se permet d’aller «de bon cœur au restaurant». La psychologie du départ semble ainsi s’installer solidement chez un wali qui aura quelque part battu un record de sédentarité. «Je devais déjà partir l’été dernier», confie-t-il en réponse à une question de la Dépêche de Kabylie.

Et sans répondre clairement à propos de son avenir immédiat, il se déclare au service de la patrie là où le devoir, c’est-à-dire la décision de la hiérarchie, l’appellera.

M. Bessa.

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