Personne n’est à l’abri

Douleur, espoir, foi, insertion tel était le message que voulaient transmettre les 14 000 personnes invalides de la wilaya de Béjaïa, en activité à l’occasion de leur journée nationale qui a coïncidé avec le 14 mars.

Nombreuses ont été les associations d’handicapés réparties à travers le territoire de la wilaya qui ont tenu à marquer cette occasion à travers des activités et manifestations culturelles. Leurs but est d’interpeller les autorités publiques, en premier chef, et toutes les âmes charitables sur leur situation difficile et précaire, en leur facilitant notamment l’accession aux établissements scolaires et socioprofessionnels, souhait de beaucoup d’entre eux. D’autres, réclament un emploi dans un organisme d’Etat ou privé. A Béjaïa comme ailleurs, ces handicapés physiques mentaux, souvent regroupés en associations pour mieux s’insérer, en cette journée qui est la leur, ne font que rappeler aux autres la nécessité d’aider cette frange de la société, leur cri de détresse dépasse tout entendement et va au-delà de leurs forces. A travers les manifestations culturelles qu’ils ont tenues hier ils ne font qu’affirmer l’existence bien réelles et démontrer par là-même leurs compétences et pourquoi pas mettre en évidence, une fois toutes les conditions réunies pour leur épanouissement, des dons restés à l’état latents.

Ni la petite pension de

3 000 DA mois qu’ils reçoivent de la part de la DAS, qui a estimé leur nombre dans la wilaya à 14 000, ni la charité des gens ne suffisent à apaiser ces âmes sensibles et vulnérables, qui par une maladie handicapante, qui par un accident fatal.

« Hormis les promesses vaines, le regard empreint de condescendance négative et de pitié souvent mal placée des autres, la société n’est pas prête à assimiler et intégrer totalement cette catégorie sociale qui ne demande surtout pas la charité mais plutôt une égalité des chances au niveau du travail. Ils ont besoin de passer du stade de la présentation de leurs œuvres au stade de la production, puisqu’ils sont compétents et capables de produire » nous dit Nora Abderrahmani, présidente de l’association des myopathes de la wilaya de Béjaïa. « Pour cette catégorie des handicapés moteurs, les embuches que leur réserve la vie sont des plus difficiles. Ils sont dépendants des autres et contraints à abandonner études, ou travail. Mais sachez que personne n’est à l’abri de l’handicap » avoua Said B, jeune myopathe de 26 ans originaire d’Akbou. « Aller loin dans mes études, que j’ai abandonné dès mon jeune âge et pourquoi pas travailler » tel est le souhait de ce jeune qui ne perd pas espoir.

De leur côté les malades mentaux et les sourds-muets ont marqué la journée d’hier par des activités qu’ils ont tenu à l’extérieur de leurs sièges. A l’OPW de Béjaïa, ces derniers ont tenu deux rencontres sportives, ayant opposé les jeunes sourds à d’autres équipes, JSB et FCB, de la wilaya et qui ont tenu à partager leur joie.

Fati Lahiani