Pas besoin d’enquête pour savoir que la drogue fait des ravages en Algérie : c’est que les toxicomanes ne se cachent plus pour fumer leur joint ou se shooter.
Et puis, même quand ils cherchent à se dissimuler ils sont vite repérés : ces yeux hagards, ces mains qui tremblent ou cet état d’angoisse permanente sont des indices qui ne trompent pas. Cependant, même s’il est de plus en plus visible, le monde des toxicomanes est loin d’être connu : combien sont-ils exactement ? quel est leur âge ? Quelle est leur situation sociale ? quelles sont les drogues les plus consommées ?
D’où proviennent les stupéfiants ? Voilà des questions qui pourraient éclairer les organismes chargés de la lutte contre la toxicomanie ainsi que les chercheurs qui tentent d’expliquer le phénomène. C’est pourquoi l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie a pris, récemment, l’initiative une vaste enquête épidémiologique sur la situation de la drogue et des drogués dans le pays. L’enquête qui s’étendra sur toute l’année touchera toutes les régions du pays et toutes les catégories de la population. L’enquête, qui fera connaître, par un diagnostic rigoureux, les différentes facettes du phénomène, permettra aussi de définir des moyens de lutte contre ce fléau. Après cette enquête générale, d’autres, seront lancés, par secteurs, à partir de 2008. C’est ainsi que le milieu scolaire fera l’objet d’une enquête spécifique.
L’enquête et le sondage sont des techniques d’approche de plus en plus utilisés dans le monde pour la connaissance des phénomènes sociaux. Il est temps que ces techniques se généralisent en Algérie.
S. Aït Larba
