L’histoire de la guerre et d’après-guerre ne cesse de provoquer des remous au sein de la société. A cet effet, et en ce « le 19 Mars », M. A, citoyen de la région de Draa El Mizan et fils de chahid, fait part de la situation que vivent les enfants et veuves de chouhada. M. A n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour fustiger les responsables à propos des lois régissant le droit à l’héritage qui, a en croire ses dires, ont omis le cas des fils de chouhada, dont les pères sont tombés au champ d’honneur avant les grand-pères. Dans le même ordre d’idées, il a expliqué que cette épineuse question « qui touche des milliers d’ayants droit » a duré de 1962 à 1984, année où l’Etat algérien a introduit dans le code de la famille l’article 169, chapitre 7, qui régit le droit à l’héritage par substitution, une reconnaissance d’un droit légitime à des milliers de veuves et d’orphelins, même si cette loi n’a pas d’effet rétroactif, a-t-il expliqué. Notre interlocuteur a, dans des lettres adressées au président de la République, au chef du gouvernement, au ministre des Moudjahidine, sollicité l’intervention des hautes autorités du pays pour mettre fin à ce qu’il qualifie « de trahison et de honte que traîne l’Algérie depuis le premier jour de son indépendance ».
En outre, ce fils de chahid s’attaque aux faux-moudjahidine et il lance un appel pressant à M. Ben Chérif pour, dit-il, « associer les efforts des pourfendeurs des faux maquisards ». M. A, a sévèrement critiqué la politique de l’Etat algérien envers cette frange de la société. « Où sont les idéaux de Novembre dans l’Algérie d’aujourd’hui ? Comment peut-on accepter qu’une veuve de chahid se remarie avec un harki ? », entre autres questions que notre locuteur a toujours posé et qui demeurent sans réponse satisfaisante, a-t-il ajouté. D’autre part, notre interlocuteur a déclaré que « le FLN de l’époque était un exemple de patriotisme et de nationalisme pour le monde entier, mais, actuellement, on se retrouve avec des structures fantoches qui ont laissé faire ce massacre de notre mémoire », a-t-il lâché.
Enfin, il a tenu à interpeller tous les moudjahidine toujours vivants et à leur tête le président de la République, le ministre des Moudjahidine Mohamed Chérif Abbas et M. Abadou : « Si vous étiez combattants de l’ALN tombés au champ d’honneur pour l’Algérie, et que vous êtes ressuscités par la volonté de Dieu et vous voilà à la place que vous occupez aujourd’hui, que dirie-vous du pays d’un million et demi de martyrs, quand vous trouverez vos enfants abandonnés, votre veuve délaissée et remariée avec le harki qui vous a tué et auquel l’Etat offre une pension en votre nom, vos enfants sont exclus de votre part d’héritage d’une terre arrosée de votre sang, où est la loi du chahid depuis bientôt sept ans et demi ? ».
Mohamed Mouloudj
